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L'ile
de KIM KI-DUK
- 2000
Avec Suh Jung,
Kim Yoo-seok, Park Sung-hee |
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L'Ile
:
2000 - GENRE : Drame
Psychologique - NOTE : 8/
10
Résumé
La jolie Hee-jin s'occupe de petits îlots flottants qu'elle
loue aux pêcheurs de la région pour quelques jours
au beau milieu d'un site naturel idyllique et reculé. Hyun-shik,
un homme en fuite après avoir tué sa femme et l'amant
de celle-ci, vient louer un de ces îlots pour purger sa douleur
et se cacher de la police qui le recherche activement. Alors qu'il
tente de se suicider par désespoir, la belle et mystérieuse
Hee-jin le sauve de justesse. Dès lors, dans cet endroit
qui semble figé comme la mort, un amour terrible et passionné
va naître entre ces deux êtres, enivrés par une
spirale de démence, de douleur et de sexe.
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| Récompensé
à travers de nombreux festivals de par le monde, l'île
de Kim Ki Duk est une uvre visuelle, charnelle et une
analyse inquiétante des relations sociales coréennes.
Hyun-Shik est un policier qui
fuit la ville et ses problèmes. Un jour, il trouve
dans son lit conjugal sa femme et son amant. Son sang ne fit
pas un tour que leurs corps gisaient déjà sur
le sol, assassinés avec son arme de service. Ainsi
pour cette raison, il part en cavale et trouve refuge sur
un petit îlot tenu par la propriétaire du site,
Hee-Jin. Muette et insociable, elle vend pourtant son corps
et ses services aux locataires de ses îlots. Hyun-Shik
n'est pas indifférent au charme d'Hee-Jin, mais il
est le seul dans un premier temps à résister
à l'appel du sexe et à lui montrer des signes
d'affection.
Alors qu'il pense sérieusement mettre fin à
ses jours, Hee-Jin l'en empêche, et se lie jours après
jours, une amitié nouée entre le plaisir et
la mort
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Quatrième long métrage
pour le réalisateur coréen et enfin la reconnaissance
internationale d'un talent singulier.
Kim Ki Duk explore ici une histoire comme il a l'habitude de
les aimer avec des personnages égarés, un reflet
perdu de la société coréenne.
Hyun-Shik vient de la ville et amène avec lui son lot
de problèmes. Une femme infidèle, un métier
peu flatteur et un désespoir exacerbé. Il porte
en lui l'analyse de la vie des grandes villes, le stress, l'oppression
et les liens sociaux superficiels.
Hee-Jin, représente quant à elle une grande dose
de morosité. Son mutisme, proche de l'autisme assujetti
à une sexualité désintéressée
donne à son personnage un élan suicidaire. Pourtant
elle continue à vivre comme si chaque soir, la nuit et
son sommeil emportait ses souvenirs d'une vie en " stand
by ". Puis un jour, elle rencontre le meurtrier Hyun Shik,
qui semble être son égal masculin. Une âme
en peine en croise une autre et les problèmes se rejoignent
pour se résoudre.
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On dénote d'entrer dans ces deux personnages toute la souffrance
de la Corée à créer un espace social dense après
une répression militaire qui a laissé à l'abandon
tout un pan du peuple. Le décor, un magnifique lac avec de
petits îlots se démarque totalement de l'asphalte propre
à la capitale et à son conditionnement social. Un cadre
géographique à l'écart de la mauvaise influence
superficielle, qui laisse l'opportunité aux deux protagonistes
de s'exprimer pleinement.
Mais le plus intéressant est de voir évoluer Hyun-Shik
et Hee-Jin dans cet environnement déchaînant passions
charnelles et désirs assassins.
Etrangement liées, ces deux tentations semblent interactives
et indissociables. Ainsi et à tour de rôle, Hyun-Shik
et Hee-Jin vont se mutiler pour mieux montrer leur affection commune,
leur désir sexuel mais aussi la nonchalance d'une vie déjà
morte. D'ailleurs ces scènes de mutilations deviennent insoutenables
tant la sentence et les emplacements choisis marque le sceau du désespoir
et de la frustration sexuelle.
On découvre alors véritablement
deux âmes surs qui à la façon d'un
" je t'aime
moi non plus " s'adore lorsqu'ils
se détestent et vice versa.
Mais on connaît Kim Ki Duk et il n' y a jamais d'euphémisme
dans ses films, juste des tragédies. Ici, les ennuis
accumulés par Hyun-Shik et Hee-Jin les condamne à
faire disparaître toute trace de leur culpabilité
et à partir au loin avant que la police et plus généralement
la société ne les rattrape.
Le dernier plan du film, détaché et visuellement
identifiable à la cinématographie de Kim Ki Duk,
est pour le cinéaste une façon de lier à
jamais l'homme et la femme dans la mort et dans le plaisir.
Peu de longs métrages réussissent à saisir
le désespoir, la relation d'un couple basé sur
le langage du corps comme le maîtrise Kim Ki Duk.
A la manière d'un fatalisme onirique, il donne à
un lieu superbe, la vie de deux âmes perdues et attachées
à leurs passés, qui par leur affection et leur
sexualité s'enchaînent à un amour indéfectible.
Ainsi Kim Ki Duk affirme en une seule uvre ce que d'autres
cinéastes se sont éperdument essayés à
exprimer pendant toute leur carrière. Superbe.
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Hinomura
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