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GENRE :
HORREUR
NOTE : 5/10
RESUME :
Nous sommes au XIX ème siècle, au Japon. Christopher, un journaliste américain parcoure le pays à la recherche de son amour perdu, une prostituée qu'il a du abandonner quelques années auparavant. En s'aventurant sur une île éloignée des côtes, il arrive dans une maison close où une geisha lui dit avoir connu son amie. Intrigué, il suit la jeune femme qui va lui compter la fin de Komomo et lui confier son secret.
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| Puisqu'il n'est plus possible de prendre des risques au cinéma, les producteurs s'aventurent sur le terrain de la créativité au sein d'un nouveau média qui est devenu incontournable aux Etats-Unis. A savoir, le câble permettant à des chaînes télévisées de proposer des séries de très grandes qualités avec, comme ici, derrière la caméra des réalisateurs n'ayant la pluprat du temps, plus rien à prouver quant à leur compétence. Néanmoins, tout le monde ne connaissant pas les Maitres de l'Horreur, ce même tout le monde a l'opportunité de voir en 13 volets le meilleur de l'horreur dans le cinéma.
Enfin, là est l'accroche . |
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Les fans du cinéma de genre qu'est l'horreur, sont déjà familiers de ces tentatives de syncrétisme via les propositions asiatiques comme " Three : Extremes", " Trois histoires de l'au-delà" ou "Black Night", pour ne citer que quelques films phares qui sont devenus affaire de pure commerce avec le temps |
| Masters of Horror part d'une idée simple : le genre horreur étant particulièrement à la mode, pourquoi ne pas offrir une compilation de moyens métrages dans un registre donné à des hommes qui ont réalisé de purs chefs d'oeuvre du genre.
C'est évidemment grâce à " Audition" que Miike se voit proposer un opus sur les 13 devant être diffusés.
Avec lui, John Carpenter, le maître de la série B, John Landis, William Mallone, Tobe Hooper et Dario Argento pour ne citer que les plus connus.
La gageure est intéressante et flatteuse, le réalisateur japonais étant le seul non anglo-saxon du joli bouquet.
Malheureusement, jugé trop violent et dérangeant par Garris (l'impulseur de ce projet à 13 ) et Showtime (la maison de production), le volet de Miike n'a pas été diffusé et c'est donc uniquement grâce à ce support dvd que le réalisateur va pouvoir montrer ce qu'il en est de son travail "pour l'Occident". Car attention, les fans de Miike comprendrons très vite qu'il ne s'agit en aucun cas d'un film de Miike. Mais d'une carte de visite adaptée à un public que Miike perçoit, on dira, un peu simple quant à sa représentation du Japon. |
Nous avons donc un homme qui vient chercher sa bien-aimée qu'il avait promis de rejoindre il y a déjà une décennie. C'est dans une maison close qu'il se présente et c'est là qu'il va connaître Michie, une geisha dont la moitié du visage est horriblement déformée. Tel Janus, si elle ne montre que son profil, elle peut ravir. Tel le Japon, souriant et pudique mais qui cache aussi une voracité et une ambition incroyables. Elle est la seule qui saot ce qu'est devenue Komomo, sa bien_aimée. L'américain sera ainsi happé, et suivra la jeune femme jusque dans son antre. Malheureusement, cet acteur étant des plus mauvais, il ne reste plus qu'à se rattraper à la branche tendue par la jeune femme énigmatique. Et c'est de toute façon là où la caméra préfère se poser à notre grande joie. |
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Rassurons les lucides : Miike est resté unique. Via une adaptation du roman de Shimako Iwai (soit l'histoire d'une sorte de "bordel infernal"), l'univers totalement psychotique est de mise, avec les traits unaires purement miikiens comme les accouchements par des endroits inédits du corps humain .. des femmes létales et des hommes un peu bênets prêts au pire supplices.
Rien de nouveau, quelque chose de remâché et de déjà vu pour le fan lambda de ciné asiatique. De " Gozu" à " Audition", Miike revisite ses scènes clefs de l'horreur et les ressert avec une sauce particulièrement esthétisée avec les mêmes concepts mais sans aucune ambition de générer de l'inédit. Agaçant que de voir notre réalisateur nous penser si peu exigeants et si peu connaisseurs de son travail. |
Il faut néanmoins reconnaître à Miike une perversité féconde. Le Japon est présent et son cortège de clichés l'envahissent. Miike choisit ostensiblement de travailler sur les fantasmes occidentaux qui peuvent paraître si décalés avec le quotidien du pays du Soleil Levant. Un Japon féérique où les femmes se soumettent à tous vos désirs devant de magnifiques jardins, voilà l'environnement.
Il rassure, il en est presque apaisant. En détournant les clichés pour les utiliser contre ceux là même qui s'en nourrisent, à savoir la divine geisha soumise, sécurisante au possible, pour répondre à une virilité bien malmenée dans notre occident .. . Que voilà le joli conte pour "hommes" qui s'effondre tel un chateau de cartes avec une terreur et un dégoût qui ne peuvent qu'aliéner le pauvre héros comme le spectateur pris dans les toiles d'araignée de ses chimères machistes ..La japonaise ne sera pas plus tendre que l'américaine mais au contraire .. elle n'aura pas en plus la pitié .. devant cet américain si "protégé" du réel. Le versant violent en sera d'autant plus ample et conséquent. On peut reconnaître cette intelligence là à Miike, à savoir habilement retourner le fantasme niais et ignorant de la culture réelle de l'autre, pour le détruire dans une violence inouïe. Mais justement, il n'avait pas besoin de cet "inouï" pour faire passer cette perversion. Et c'est cela même qui va faire de son moyen métrage une oeuvre confidentielle et ce, malgré lui.
A l'avantage de Miike que de détruire perversement ce fantasme de l'occidental ignorant .. mais au détriment des fans qui savent bien que la geisha n'a rien à voir avec la prostituée soumise, et que les japonais ont horreur de la suffisance .. On aurait aimé de l'innovation, du Miike qui va toujours plus loin .. |
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Tout ce bruit et cette fureur pourquoi donc alors ? Cet opus de Mikke se retrouve censuré des diffusions prévues car "trop violent" mettant ainsi à la trappe la revanche nippo-américaine qui pouvait être entrevue dans ce volet pour une simple affaire d'hémoglobine.
Un ratage donc.
Les "deux" publics ne seront pas satisfaits. Non seulement le public lambda ne le verra pas autrement qu'en faisant la démarche de se procurer le dvd, mais les fans ne dépenseront pas un sou pour voir un pamphlet raté. |
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MATRIXA – 2007
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