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LE
HEROS SACRILEGE de Kenji
Mizoguchi ( 1956
) - Japon
Avec
Eitaro Shindo, Michiyo Kogure, Raizo Ichikawa, Yoshiko Kuga, Ichijiro
Oya |
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GENRE
: Jidai-geki - Note : 8/10
Résumé
Kyoto 1137. Gouverné par deux Empereurs, le Japon
est en crise : entre les nobles et les moines qui exercent leurs privilèges
par la politique ou la superstition, les samouraïs, de rang inférieur,
sont tenus à lécart du pouvoir. Dégoûté
du mépris enduré par son clan, le jeune Kiyomori Taïra
décide de ne plus obéir aux ordres de la Cour. Mais
un complot ourdi contre son père le pousse à passer
à laction
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"je voudrais vivre
longtemps et, au terme d'une longue vie, réussir
un bon film. " Cette phrase de l'auteur définie
assez bien le caractère déterminé
et très personnel à vouloir s'imposer
une norme afin d'arriver à ses fins, à
la réalisation parfaite.
Kenji Mizoguchi y est t-il arrivé ? Selon nous,
certainement, selon lui, peut-être ..
Quoi qu'il en soit, "Le Héros Sacrilège"
classique parmis les classiques est une oeuvre d'art
du grand écran et aujourd'hui accessible grâce
à l'éditeur Films sans Frontières.
D'autres ont osé s'investir pour notre plus grand
bonheur avec les coffrets OZU
et KUROSAWA
bien entendu ce dernier plus connu, ce qui permet aux
cinéphiles et aux néophytes de découvrir
les merveilles d'un cinéma des années
50
déjà bien engagé.
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Le héros sacrilège
est le second film en couleur de Kenji
Mizoguchi et son avant dernière
réalisation. Ce cineaste faisant partie de l'école
des grands réalisateurs incontournables de son
époque avec YASUJIRO
OZU et de AKIRA
KUROSAWA.
L'histoire est tiré d'un roman de Eiji Yoshikawa,
aussi auteur des aventures MUSASHI
MIYAMOTO. Le héros sacrilège
raconte l'histoire de Heike Monogatari, la vie
de Taira no Kiyomori.
Grande fresque historique, Le héros sacrilège
est réalisé à l'époque avec
d'importants moyens employant beaucoup de figurants
habillés de costumes d'époques afin de
coller le plus possible avec l'histoire. Cet épisode
de la vie à la Cour de Heian explique pourquoi
les Bushis ont pris le pouvoir. On y verra la puissance
militaire des moines soldats qui cherchent à
s'imposer.
Classique
Jidai-geki,
" Théâtre historique ",
terme appliqué au cinéma qui désigne
les films traitant de sujets historiques avant l'ère
Meiji. (L'ère Meiji est le nom de la péridode
historique du Japon entre 1868 et 1912. Elle est
comprise entre l'ère d'Edo et l'ère
Taishô. Ce qu'on appelle l'ère Meiji
est le passage de la féodalité à
la modernité.NDLR)"Cf. Wikipedia,
l'encyclopédie libre"
Entre histoire et dénonciation d'un système
politique, Mizoguchi met l'accent dans ce film sur
les incohérences d'un système pourtant
bien établi qui donneront naissance au pouvoir
des Samourais. Le tout en couleur filmé avec
justesse, approchant la perfection tant dans le
rôle et la prestance des acteurs que dans
la réalisation, le soucis du détail
étant omniprésent. Ce film qui date
de près de 50 ans reste une valeur incontournable
à ne pas manquer. |
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A
noter, le DVD comprend un documentaire exceptionnel
de Kaneto Shindo, le réalisateur de l'Ile
Nue, où les collaborateurs de Kenji
Mizoguchi témoignent de la vie d'un des plus
grand des cinéastes Japonais.
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Steph
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| Critique par MUSASHI - 8/10 |
| Deuxième film en couleurs de l'un des plus grand cinéaste japonais et avant dernière réalisation de son impressionnante filmographie, Le héros sacrilège est un ultime testament de ce que l'on peut sans complexe appeller l'âge d'or du cinéma japonais et une preuve de l'étonnante faculté de Kenji Mizoguchi à aborder une multitude de thèmes avec succès au sein d'une même oeuvre. Oeuvre politique par défaut, retraçant l'ascension au pouvoir des samourais mais aussi les luttes de classe de l'époque, Kenji Mizoguchi nous offre un film d'une splendide beauté, passionnant, à voir et à revoir pour les multiples lectures qu'il offre au spectateur. |
| S'éloignant quelque peu de son thème de prédilection, à savoir le statut de la femme dans la société japonaise, Kenji Mizoguchi, en s'inspirant de l'écrivain Eiji Yoshikawa, réalise un drame épique, par l'intermédiare d'un découpage en séquences quasi théatrales, de l'ascension d'un jeune samouraï du clan Taïra, Kiyomori, qui va défier les croyances et cultes d'alors. Jidai-geki en puissance (films historiques), prenant racine à Kyoto en 1137 (c'était alors la capitale japonaise), le héros sacrilège est avant tout une mise en image des luttes des classes de l'époque opposant les deux empereurs d'alors (l'empereur officiel et l'ex-empereur retiré dans sa cour cloitrée mais continuant à exercer son influence), les courtisans avides de richesses, les moines sans scrupules usant de la superstitions des palanquins sacrés (censé contenir les âmes des défunts empereurs) pour perpétrer leur terreur, et les samourais, pauvres et au service des empereurs, exploités et dénigrés. C'est dans ce contexte plutôt instable, bien rendu par la panique quotidienne des paysans (on hausse les prix des marchandises en vue de se créer une petit épargne pour survivre à une éventuelle guerre) que la classe des samourais va s'émanciper et se libérer de la tutelle quasi esclavagiste qui la liait aux empereurs |
| Sans être totalement objective, la vision de l'appareil politique féodal est correctement mis en scène avec les éternel(le)s courtisan(e)s se prostituant moralement (pour les hommes) ou physiquement (pour les femmes) afin de s'élever socialement, des moines abusant du pouvoir divin qui leur est confié pour se faire respecter, infligeant des coups à quiconque s'oppose à eux et enfin les samourais, dont la vision est totalement différente de celle présentée par Akira Kurosawa, par exemple dans "Les sept samouraïs", où ceux ci apparaisaient aux yeux des paysans comme des brigands. Ici, le samouraï nous est présenté comme un être intègre, serviable, presque misericordieux, la sagesse de son esprit et par conséquence de son sabre provenant de sa pauvreté. |
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Il est vrai que l'époque est quand même différente puisque l'avènement de la classe des samouraïs se préparaient à peine alors que plus tard ils finiront eux aussi par semer la terreur notamment par les biais des seigneurs de guerre. Ce qui peut expliquer la différence dans le traitement du personnage entre "Le héros sacrilège" et "Les sept samouraïs". Le samouraï de Mizoguchi est un être exploité, frustré et malheureux, qui ne doit pas hésiter à donner sa vie pour une cause qui lui est étrangère. Une injustice qui va finir par révéler à Kiyomori le misérabilisme de leur vie, et lui insuffler la force nécessaire pour y remédier ; c'est en bravant les interdits et les croyances qu'il va devenir le héros sacrilège et mettre un terme à toutes ces guerres de pouvoir.
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Mais la où l'oeuvre de Mizoguchi tire sa force et son attrait c'est qu'il ne se cantonne pas à être un simple film politique : là où il aurait pu n'être qu'un film contestataire sur les abus de pouvoir de l'époque, il préfère en revanche se concentrer sur le personnage de Kiyomori et notamment sur le sens de sa filialité, torturé par l'ignorance partielle de son progéniteur. Element déclencheur des hostilités, partagé entre le sang noble d'un père qui l'a abandonné et l'âme d'un samouraï l'ayant élevé, fils d'une mère indigne louant ses charmes au pouvoir, les révélations successives concernant l'hypocrisie sur sa naissance vont forger le caractère du jeune homme et le conduire à renier ses véritables origines, de faire parler le coeur au sang. |
Pour racconter cette fresque épique, malheureusement bien trop courte (comme tout les bons films), le réalisateur et son équipe ont réalisé un travail titanesque sur l'harmonie des couleurs, la qualité des costumes mais aussi, d'un point de vue narratif puisqu'il s'agit ici d'une succession perpetuelle de scènes quasi figées, où seule la caméra se permet d'agrandir ou de rétrécir selon les besoins le champ d'action. En cela on a l'impression d'assister à un véritable spectacle, d'autant plus passionant qu'il est d'une lisibilité extrême s'affranchissant du spectaculaire au profit de l'humain. Musicalement, on reste dans la veine des jidai geki de l'époque, avec des thèmes forts assez militarisés dans l'ensemble et un sens de la tragédie et du drame exemplaire.
Kenji Mizoguchi est un esthète, un poète, un magicien. En réalisant Le héros sacrilège, il nous offre une oeuvre intemporelle, qui contrairement à nombre de films, devient de plus en plus belle avec l'âge. Dotée d'un sens de la narration incontestable et servie par une superbe réalisation, il s'agit ici d'un véritable chef d'oeuvre du cinéma japonais que tout amateur de cinéma asiatique se doit de regarder. Culturel, politique, artistique et émouvant, Le héros sacrilège sort enfin sur le territoire français pour notre plus grand bonheur et il serait véritablement dommage de s'en priver. |
MUSAHSI |
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