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HERO
: 2002 / CHINE - GENRE
: Wu Xia Pian - NOTE : 9/10
Résumé :
"230 av. J.C. Les sept royaumes qui composent la Chine ne reculent
devant rien pour tenter dassurer lunification. A ce jeu
impitoyable, le roi de Qin est le plus dur et le plus cruel. Pour
lheure, les royaumes dépêchent leurs plus redoutables
assassins pour le tuer. En vain, jusquau jour où le héros
sans nom se présente au palais."
"Une exeption cinématographique, esthétique
et visuelle" Steph |
CRITIQUE :
HERO, "C'est dans les légendes que naissent les
héros"
Il y a deux mille ans de cela, la Chine était divisée
en Sept royaumes. Chacun d'eux combattait les autres pour obtenir
la suprématie, tandis que le peuple endurait la souffrance
et la mort. De ces sept royaumes, celui de Qin était le plus
virulent. Le roi de Qin était obsédé par la conquête
de la Chine et le désir d'en faire un seul et même empire.
Les autres royaumes, dont celui de Zhao le plus persécuté,
dépêchèrent leurs plus redoutables assassins pour
l'éliminer. Lame Brisée, Neige et Ciel comptaient parmi
les ennemis les plus recherchés. A quiconque anéantirait
ces trois assassins, le roi de Qin promit la puissance et la fortune.
Durant dix ans, ce dessein resta inachevé et le royaume de
Qin ne trouvait pas son héros. Jusqu'au jour où le mystérieux
Sans Nom se présenta au palais, avec en sa possession les armes
des assassins abattus. L'autorisant à approcher à dix
pas de lui, le roi le convia alors, à lui raconter son histoire.
| Hero est un film simplement
beau, le plus artistiquement abouti de ce festival. Pas de surprise
alors de voir Christopher Doyle à la photographie et
Zhang Yimou
lui-même derrière la caméra, à la
direction d'acteurs. Hero conte l'une de ses légendes
qui courent par milliers sur la fondation de la dynastie Qin.
On citera rapidement l'Empereur et l'Assassin de Chen
Kaige (1999) comme référence immédiate
et Gong Li en aventurière médiévale. Ici
la distribution est à la hauteur du budget de ce film
que l'on sent bien énormes. Puisque le résultat
y est quoi de plus naturel que de s'émerveiller devant
les prestations de Tony
Leung Chiu-wai, toujours aussi inspiré
(pour la deuxième fois de ce festival !), preuve de sa
présence plus vivace que jamais dans le cinéma
actuel. Jet Li
Lian-jie toujours irréprochable dans un rôle de
fine lame, expert en arts martiaux auquel il est maintenant
habitué. Maggie
Cheung Man-yuk y campe, quant à elle,
une Neige froide et vénéneuse dont la blancheur
immaculée des sentiments se dissimule derrière
une virtuosité martiale sans pareille. Donnie Yen Jidan
joue un Ciel fugace mais efficace et Chen Daoming n'a pas son
pareil pour incarner le roi, le futur empereur de la Chine réunifiée.
Enfin Zhang
Ziyi, dans un rôle modeste mais toujours
aussi impétueuse est la servante de Lame brisée,
sa passion et sa dévotion pour son maître sont
sans pareille et le scénario lui ménage des ressorts
dramatiques pour laisser le temps de donner un peu de voix et
de cur à son personnage. |
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En effet, l'histoire du film, est celle d'une narration, d'un récit,
conté tour à tour par le héros, Sans nom (références
au western spaghetti interdite quoique le film de sabre ait été
le fleuron de l'industrie du cinéma chinois comme le western
celui des Etats-Unis en leur temps), et le roi lui-même. Plus
qu'un récit d'intrigues et de complots comme pouvait l'être
L'empereur et l'assassin, Hero est l'histoire du pays qui se dit en
mandarin " Tous unis sous le même ciel ", de la souffrance
d'un peuple réparti en sept royaumes qui se livrent une guerre
sans merci et de la lucidité d'un homme à percevoir
cette souffrance. On n'en dira pas plus pour ne pas livrer les clés
d'un scénario original, superbement mis en scène par
un Zhang Yimou
au sommet de son art. Les arts martiaux sont en cela bien semblables
aux arts de la danse et le film devient un véritable ballet
où les corps se frôlent dans des chorégraphies
millimétrées par Tony Ching Siu Tung, les costumes légers
et transparents d'Emi Wada deviennent l'atout premier des acteurs
et la bande son de Tan Dun, admirable depuis des films comme Tigre
et Dragon guident les personnages au travers d'une
danse mortuaire magnifique. La grandiloquence des décors du
nord de la Chine, de la Mongolie et de la Hengdian TV & Movie
City est sublimée par la palette de couleurs qu'utilise l'équipe
du film.
Comme au théâtre, chaque acte possède sa propre
teinte. Du rouge vermillon représentant le sang, la passion
de la vie et de l'amour, représentant également le feu,
l'un des 5 éléments chinois, on passe au bleu, couleur
de l'eau, de l'équilibre féminin, de la sérénité.
Puis le blanc entre en scène, aérien, léger et
pur comme la loyauté des chevaliers à leur cause et
aux leurs avant de laisser place au vert de jade, couleur plus terrestre
et boisée et liée au passé, signe de mort, de
fatalité du destin. Il n'en manquait qu'une pour représenter
le fer, celui qu'on croise, celui qui devra transpercer l'un des protagonistes
et lui donner la mort. A ce jeu là, le scénario s'ingénie
à brouiller les pistes dans le sable du désert même
si l'on sait d'emblée que le roi, qui deviendra le premier
représentant divin de l'empire du milieu, ne peut que réchapper
à la mort promise. Comme un mot, " pays ", comme
un art, la calligraphie qui telle l'exercice de l'épée
exige du pratiquant qu'il fasse corps avec son arme, qu'il la porte
en son cur pour finalement " embrasser par la pensée
tout l'univers " et instaurer la paix, Hero est entré
à jamais au panthéon des films de sabre chinois, réunifiant
d'un seul coup toutes les traditions artistiques les plus célèbres
du cinéma asiatique, harmonisant en un film des années
de la carrière du réalisateur pour le plus grand plaisir
des amateurs du genre et comme une invitation pour tous à venir
découvrir la filmographie, de ce grand, de CES grands, de ces
très grands monstres du cinéma asiatique. |
Mystere
Vic
Mars 2003 Festival du Film Asiatique de Deauville
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Hero est une grosse déception, on attendait du réalisateur de Vivre, d'Epouses et concubines, de Qu Ji autre chose qu'un Wu Xia Pian sans rythme, plein de longueurs, sans sens critique et si politiquement « correct ».
Pourtant Zhang Yimou est un grand réalisateur et il s'entoure de ce qu'il y a de mieux ; des acteurs mythiques qu'ils soient de l'ancienne génération des Wu Xia Pian comme Jet Li ou Maggie Cheung ou de la nouvelle comme Zhang Ziyi ; un chorégraphe de combat compétant en la personne de Tony Ching Sui Tung ; un grand compositeur Tan Dun (qui composa entre autre la BO de Tigre et Dragon). |
Mais le cocktail a un goût fade ; les acteurs sont confinés au rôle du héro impassible, et les gros plans sur les visages dénués d'expression de Jet Li, Tony Cheung et Maggie Cheung abondent jusqu'à en devenir pénibles, et la seule à montrer quelques émotions (parce qu'elle n'est pas une guerrière accomplie contrairement aux autres) est Zhang Ziyi, dont le personnage est complètement inutile à l'intrigue et frôle le ridicule le plus complet.
On sent chez Zhang Yimou un désir d'intellectualiser le Wu Xia Pian, mais Héro n'a pas la force de ce que Wong Kar Wai réalisa avec Les cendres du temps, et encore moins le coté épique de Tigre ou Dragon ou de grands Wu Xia Pian des années 90. Zhang Yimou ne réussit ni à rendre hommage au genre ni à y apporter une touche personnelle ou quelque chose de nouveau, comme pu le faire Wong Kar Wai. |
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D'abord il fait référence à la calligraphie, une très bonne idée en soi, mais la démonstration peu paraître un peu lourde et surtout l'analyse finale qu'en fait le roi est insupportable de suffisance. Oui, ce qui fait la qualité d'une calligraphie c'est l'âme et le coeur du calligraphe dans la pensée chinoise, mais pas au point de trouver dans une calligraphie la pensée et la philosophie du calligraphe. Le roi plaque ses propres fantasmes dans l'oeuvre de Lame Brisée et Zhang Yimou espère que le spectateur n'y verra que du feu (il a sans doute trop fréquenté les musée d'art moderne occidentaux). |
Ensuite il y a un grand recours au visuel. Chaque partie du récit baigne dans une couleur déterminée, excepté le roi et ses soldats toujours en noir. Ainsi les personnages évoluent d'abord dans le rouge, puis dans le bleu, le vert et enfin le blanc. Comme ça le spectateur est bien dirigé (pour peu qu'il s'y connaisse en signification des couleurs), il n'y a pas à vagabonder, ou à se creuser la tête pour savoir ce qui peut motiver les personnages ou quel peut-être leur état d'esprit, le film l'annonce clairement. Donc ; rouge pour la loyauté et le courage (version opéra de Pékin), et le sang et tout les mauvais présages qui vont avec (version Chine ancienne); le bleu pour la pureté et la fraîcheur, mais le bleu ciel dans le film semble plutôt faire référence à un personnage de l'opéra de Pékin surnommé Baa Qing Tian (ciel bleu) et qui est la couleur des mandarins intègres, le vert symbolise la vie le dynamisme, la vitalité et le printemps, enfin le blanc le deuil et la tristesse.
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| Comme ça si vous n'avez pas bien compris le message du film maintenant il n'y a plus de mystère, ne cherchez pas ailleurs. Reste le noir...Ah ! Petit dilemme. Car le noir dans l'opéra de Pékin habille un personnage historique impartial, et comme le pensais les anciens c'est la couleur du fer donc il symbolise la noblesse. Mais à chaque fois que les soldats de Qin apparaissent à l'écran, se préparent à la guerre, ils font penser à une invasion de cancrelats malfaisants dirigé par un roi sans pitié, et cruel. Le noir, dans la langue chinoise est plutôt associée à quelque chose de négatif, c'est la couleur des tatouages indélébiles que portent les criminels dans la Chine antique et elle symbolise le mal, le complot et la perfidie (le mot rentre dans la composition des mots : clandestin, marché noir, triade, travail clandestin, et désigne l'escroc). Dilemme pour le spectateur plutôt septique quant à la personnalité éclairé du roi, mais pas pour le réalisateur ; Shihuangdi est noble, il a la droiture et les projets d'un souverain plein d'amour pour son peuple, pour son futur peuple plus exactement, constitué des sujets des royaumes voisins. Bonheur aux vaincus c'est bien connu !! |
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Oui le message est très lourd, même les chinois à la sortie du film lui en ont parfois fait le reproche. On est bien loin de Vivre...Zhang Yimou en porte-drapeau du nationalisme expansionniste de la Chine, c'est un peu surprenant. Surtout quand on connaît la personnalité assez trouble de l'Empereur de Qin et que Zhang Yimou était le héros de Terracotta warrior dirigé par ...Tony Ching Sui Tung ! |
Bon justement Tony Ching Sui Tung, nous avait habitué à plus de fantaisie et d'inventivité dans la chorégraphie de ses combats...Là c'est assez décevant pour un maître de cette envergure. Il y a surtout trop de câbles et pas assez de poésie.
On peut aimer Hero pour son scénario à tiroir (mais c'est parfois tellement gros que le spectateur n'y croit pas, et le roi de Qin, avec lui d'ailleurs ! On est donc content de partager la perspicacité d'un roi tant admiré...); pour ses magnifiques décors naturels; ses costumes ; sa philosophie peut aussi séduire certain, c'est net et efficace ; pour les mises en scène spectaculaires de l'armée de Qin, mais en tout cas il est une chose pour laquelle on ne peut que succomber ; la beauté du couple Cheung, Maggie et Tony. Là il n'y a rien à dire, juste à s'émerveiller. |
Quand même on ne peut s'empêcher de se poser une question au vu de tout cela, Zhang Yimou est-il vraiment sincère, ou « ta hen hei ma ? » (« est-il très noir ? » Expression chinoise pour dire : « est-il un escroc ? »), s'il l'est...alors le film est un petit bijou d'ironie et mérite 8/10. |
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Euryale |
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