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GREEN TEA - de Zhang Yuan
de 2003 - Chine
Avec : Jiang Wen, Vicky Zhao
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GENRE : Chronique Sentimentale
NOTE : 8/10
RESUME :
Wu Fang est une adepte du speed dating. Elle rencontre de nombreux hommes qui ne correspondant pas à ses attentes jusqu'à ce que Chen Minliang, homme au coeur brisée et sans gêne, s’essaye à la séduire…
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Green Tea fait partie de ces films chinois que l’on aime à regarder plusieurs fois. Zhang Yuan, l’excellent réalisateur de Palais Est, Palais Ouest démontre une fois de plus la grandeur de son talent et s’inscrit comme l’un des meilleurs cinéastes chinois (à ne pas confondre avec Zhang Yang).
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Le film relate les expériences sentimentales de Wu Fang (Vicky Zhao), une jeune femme qui s’essaye à des speed dating, des rendez vous rapides et anonymes afin de trouver l’homme de sa vie. Elle y rencontre de nombreux hommes plus ou moins intéressants tout en se délectant de sa boisson favorite : le thé vert. Un jour, l’homme assis en face d’elle se nomme Chen Minliang (Jiang Wen) et c’est instantanément pour lui l’occasion de retrouver l’âme soeur après s’être fait âprement largué par sa fiancée qui n’a pas hésité à choisir son amant, bien meilleur étalon que lui. |
| Wu Fang se retrouve ainsi face à un homme qui en a gros sur le cœur et qui partage sa déception sentimentale, tout en jouant la carte de la séduction. Elle décide alors de le revoir, car elle partage tout comme lui ce moment de solitude. De discussions en discussions les deux âmes en peine consolident leur amitié, dessinent doucement leur future relation et prennent régulièrement contact. Pourtant quelque chose cloche dans cette histoire. Chaque fois que Chen Minliang souhaite inviter Wu Fang dans une soirée, la belle s’obstine à refuser et invoque des excuses douteuses. |
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Chen Minliang décide alors de ne pas forcer la marche et de construire des sentiments sérieux autour de sa nouvelle relation. Lorsque vient la nuit, il prend la direction d’un célèbre piano bar afin d’y prendre un verre avec l’un de ses amis et de parler de ce qui lui arrive en ce moment. La pianiste qui joue ici tous les soirs subjugue Chen Minliang car elle ressemble à s’y méprendre à Wu Fang. Bien décidé à savoir, Chen Minliang l’interpelle afin de prendre contact et découvre que c’est bien physiquement Wu Fang. Pourtant celle-ci ne semble pas le reconnaître et se fait appeler par un autre nom, Leng. Loin d’être bouche bé devant une telle situation, Chen Minliang joue un double jeu dangereux : le jour il discute avec Wu Fang, la nuit il bavarde avec la pianiste. Mais qui est véritablement cette dernière ? Et pourquoi est elle aussi une grande consommatrice de thé vert ? Tout ceci devient un étrange parallèle … |
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Green Tea est un mystérieux objet cinématographique, dont il est facile d’y plonger et dont on reste dépendant à vie. Pourtant l’histoire partait de peu de choses : on ne connaît rien des antécédents des deux personnages principaux et on ne connaît que très peu leur personnalités. Zhang Yuan nous propose ainsi une route vers l’inconnue, une route vers ces sentiments qu’on ne peut jamais calculé ou maîtrisé complètement.
Le cinéaste nous laisse tout de même quelques indices afin de ne pas perdre pied dans cette aventure sociale. Le thé vert, titre même du long métrage, est certainement l’une des clés de voûte de la structure narrative et joue le rôle de fil conducteur de l’œuvre. Il révèle la personnalité de Wu Fang mais aussi celle de son alter ego la pianiste. Dans cette confusion d’identité Chen Minliang garde les pieds sur terre grâce à l’amour qu’il porte à Wu Fang et souhaite ainsi dénouer les problèmes psychologiques de cette femme qui a subi de nombreuses atrocités de son enfance. |
| Peut il véritablement jouer le rôle du remède à cette disjonction sentimentale, rien n’est sûr mais pour lui c’est l’occasion de prouver son attachement à cette femme. Magnifiquement interprété, Green Tea brille de son équipe d’acteurs à savoir l’impérial Jiang Wen, l’un des acteurs préférés des chinois et à juste titre, mais aussi Vicky Zhao qui joue une double partition superbe, intense, que l’on souhaiterait voir d’avantage chez la jeune comédienne. Elle excelle si bien dans les films d’auteurs chinois comme ceux de Huo Jianqi ou d’Ann Hui qu’on a parfois un certain regret de ne pas la voir plus souvent dans ce genre là. Ce long métrage possède encore de nombreux atouts, notamment son imagerie autour des bars, des lieux de rencontres ; et n’oublions le thé vert, véritable institution en Chine. |
| Zhang Yuan esquisse à la perfection le thème de la solitude sentimentale et celui de l’embuée mystérieuse autour d’une probable double personnalité. Alors question : est ce que Wu Fang le fait elle inconsciemment ou au contraire est ce une préalable à la confiance faite à Chen Minliang ? Les interprétations sont nombreuses, les fins irrésolues : Green Tea est un petit bijou.
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Hinomura - Septembre 2006 |
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