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GOZU - de Takashi
Miike - Japon - 2003 - Yakuza Theater Horror Show
Avec Sho Aikawa,
Kanpei Hazama, Shohei Hino, Hiroyuki Nagato, Marumi Sone |
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GOZU
: 2003 - GENRE :Yakuza Theater Horror Show- NOTE : -7/10
Hero Hua dont les parents furent assassinés par un Occidental,
s'exile aux Etats-Unis afin de découvrir une nouvelle Minami
et Ozaki sont deux yakuzas inséparables depuis que le second
a sauvé la vie du premier. Ozaki ne supporte plus le stress
de son existence de criminel et présente des signes de paranoïa
aggravée. Alors qu'il soupçonne un chien d'être
anti-yakuza, son boss décide qu'il est temps de l'envoyer ad-patres
et demande à Minami de l'emmener à Nagoya et de s'en
débarasser. En route, Ozaki disparaît mystérieusement.
S'ensuit un road-movie décalé dans la province de Nagoya,
ville étrange peuplée de gens sortis tout droit de Twin
Peaks. Oserez-vous venir à Nagoya ?
DVD Zone 2 disponible chez Asia-Diffusion
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Critique
:
L'aura médiatique de Takashi
Miike se propage en France. Après le dérangeant
Audition
et l'ovni cinématographique Visitor
Q , c'est Gozu, selectionné pour
l'édition 2003 de la quinzaine des réalisateurs
à Cannes, qui pointe son nez sur les grands écrans
français. On connaissait l'engouement du réalisateur
pour le cinéma "bis" et Gozu ne déroge
pas à la règle, pire il s'affirme totalement comme
tel : c'est un Yakuza Theater Horror Show, mélange habile
d'humour noir, de fantastique, d'horreur, d'amour et d'amitié,
un mélange détonnant destiné directement
au marché "direct-to-video" japonais, mais
dont nous, chanceux francais, pourront en déguster toutes
les saveurs en salle. |
Gozu c'est avant
tout une histoire humaine, un mélange ambigüe
d'amour et d'amitié entre deux yakuzas, Minami
et Osaki. Le chef de l'organisation criminelle, qui
voue une passion desespérée aux femmes,
va devant la folie de Osaki, ordonnait son retrait par
son meilleur ami, Minami.
Il est vrai que le yakuza a une tendance à la paranoia
inquiétante ; un chien le fixe et forcément,
il est "anti-yakuza", si une voiture emprunte
la même et unique route, c'est qu'elle est "anti-yakuza".
Pauvre Minami, dont la dure mission est d'éliminer
son frère d'âme et d'armes, celui là
même qui auparavant lui avait sauvé la vie.
Direction la décharge de Nagoya. Un coup de frein,
aussi brusque qu'innatendu va avoir raison prématurement
d'Osaki et c'est une quête vers la rédemption
qui va alors débuté pour Minami. Une aventure
peuplée de personnages étranges, inhabituels,
qui vont l'aider à retrouver le corps de son compagnon
et mentor, volatilisé lors d'un arrêt à
une station sevice. |
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Faut-il que Takashi
Miike soit dérangé pour nous
pondre une uvre pareil ? Exutoire à tous
les interdits, le cinéma de cet auteur atypique
japonais dérange et choque autant qu'il passionne.
L'auteur possède une filmographie impresionnante
qui baigne dans la violence, le sexe, le trash. Gozu est
un nouveau fruit de l'immagination débordante du
réalisateur et pour ma part, un des meilleurs Takashi
Miike que j'ai pu voir. On s'éloigne de la violence
trash d'un Ichi
The Killer, du serieux d'un Audition ou
encore de la perversité familiale d'un Visitor
Q pour se rapprocher d'un U-Turn de Oliver Stone. Le héros
débarque dans un Nagoya paumé où
tous les personnages semblent sortis d'un asile d'aliénés.
Des serveurs transexuels à la maitresse d'hotel
à la lactation débordante (syndrome de Visitor
Q) en passant par le chef yakuza amateur
de louches, les personnages sortent d'un cauchemard où
toutes les valeurs morales, les barrières du politiquement
correct sont transgressés. Scabreux, horrifique
mais jamais gore, l'auteur étonne dans sa capacité
à creer un univers immersif aussi réussi
sans jamais tomber dans la surenchère gratuite. |
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Romance
fantastique, Gozu nous depeint l'histoire d'un yakuza qui rejette
les codes de sa famille pour mieux servir son honneur et son
amour pour son mentor, amour qui atteindra son paroxysme lorsqu'Ozaki
disparu prématurément finit par réapparaitre
sous
les traits d'une femme et demande à Minami de la déflorer.
Une scène erotisante qui va aboutir à un final
empreint d'une beauté incroyable et d'une horreur absolue.
Beauté pour sa symbolique de renaissance, de renouveau
et horreur dans sa démesure, son coté grand guignolesque
qui risque d'en refroidir plus d'un. Le film baigne donc totalement
dans le fantastique mais reste ancré dans une atmosphère
qui reste, elle, bien réelle. Notamment sur la différence
entre l'être et la paraître. Les serveurs n'hésitent
pas à régaler Minami alors qu'il ne commande qu'un
café mais se montre réticent à la moindre
aide. La maitresse de maison à l'hotel se montre très
dévouée, un peu trop même, envers ses clients
et rejette sa vraie nature sur son frère autiste. Un
climat dérangeant, accentué par la présence
omniprésente d'un soleil écrasant.
| Finalement, si
Gozu reste si accessible, c'est surtout parcequ'il bénéficie
d'un humour noir omniprésent, d'une ironie qui
empêche le spectateur de le prendre au premier dégré.
Et le jeu des comediens est tout simplement excellent
en parvenant à insuffler un coté grotesque
au sérieux de leur personnage. Le pétage
de plombs de Osaki est tout simplement sublime
dans son absurdité malgré la réalité
de ses gestes. On pleure pour le pauvre chien taxé
gratuitement d'anti-yakuzas mais paradoxalement, on ne
peut s'empecher de sourire devant l'engouement sans limite
du yakuza pour proteger son clan, sa famille. Quant à
Minami, la maladresse maladive dont il fait preuve
n'en finit plus de le mettre dans des situations inextricables. |
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Loin d'être
un film grand public, Gozu n'en reste pas moins plus
accessible que certaines autres oeuvres de Takashi Miike
et constitue un très bon tremplin vers l'univers
torturé de l'auteur. Mélangeant le grotesque
à l'horreur, le mauvais goût à l'humour,
l'auteur nous livre là sa nouvelle oeuvre, bien
plus humaine. Un film fou à voir absolument. |
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Musashi
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