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GIE
de Riri Riza - 2005 - Indonésie
Avec Nicholas Saputra, Lukman Sardi, Sita Nursanti RSD uosang Danpei |
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Gie est inspiré de la vie de Soe Hok Gie, une figure légendaire du paysage politique indonésien lors des mouvements d’opposition populaire lors des années 50 et 60 qui mirent fin au régime dictatorial pour un non-moins dictatorial régime de substitution. Mais plutôt que de relater le contexte tendu de l’époque, Riri Riza choisit de centrer son film autour de cet aimable activiste social. Il ne se focalise pas plus sur les activités politiques de Gie mais en fait un héros romantique. Gie se nourrit de films qu’il se plaît à commenter après des projections avec ses amis. Il aime la nature et les cimes, se complaît dans les œuvres littéraires. Le film dépeint ainsi plus les influences du contexte politique de l’époque sur les relations sociales entre étudiants, sur les histoires d’amour et d’amitié que les affrontements politiques eux-mêmes. C’est un parti-pris du réalisateur et il est tout à fait respectable.
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Mais tous ses choix ne sont pas aussi heureux. L’un des défauts majeurs de Gie, c’est le choix de changer d’acteur en début de film. Le premier étant sensé incarner Soe Hok Gie jeune, a indubitablement le même âge que Nicholas Saputra qui est supposé incarner l’étudiant activiste. Et assurément plus de présence et de caractère .
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Mais Riri Riza a jeté son dévolu sur Nicholas Saputra qui semble avoir le vent en poupe auprès du public indonésien ces derniers temps. Rappelons qu’il est également à l’affiche de Joni’s promise aussi présent à Pusan cette année. Saputra joue bien le héros romantique déchiré entre ses vœux chimériques d’une société juste et honnête et son intégrité qui l’empêche d’accepter les compromissions d’un régime qu’il a lui même soutenu. |
Mais il est certainement un peu jeune pour ce rôle de poète urbain. Il lui manque le charisme nécessaire à la stature du personnage, aussi paisible fût-il. De même, les scènes de montagnes où on le montre escaladant les sommets tendent à en faire un Che Guevara indonésien, tout ce qu’il ne fut pas. Gie était d’abord un être profondément apolitique, plus concerné par l’art et la littérature que les querelles politiques, plus proche en somme, géographiquement et intellectuellement de Gandhi que du Che. |
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Toujours est-il que Gie est bien filmé. Les lumières y sont belles, le contexte socio-culturel du Jakarta de l’époque est bien rendu. La musique est également judicieusement choisie. Seules quelques longueurs sont à déplorer. Au milieu du film, on ne sait exactement où le réalisateur veut nous amener. Finalement, c’est vers un voyage entrepris par Gie que nous entraînera le récit. Entre l’amour et la mort, la vie choisira pour lui. La destinée inexorable et stupide à la fois d’un grand romantique auquel Riri Riza a voulu rendre hommage. |
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Mystere 10e PIFF - Octobre 2005
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