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| FAILAN
Film Coréen de Song Hye-sung 2001 |
| Avec
Cecilia Cheung Pak-Chi, Choi Min-Sik, Sohn Byung-ho, Gong Hyung-Jin |
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FAILAN
: "Gangster
à recycler"
: 2001 Corée : GENRE : Drame Sentimental - NOTE
: 8/10
Résumé :
Kang-jae (Choi Min-shik), petit truand de troisième zone,
sort de dix jours de prison pour avoir vendu des vidéos pornos
à des mineurs. La nouvelle de la mort de sa "femme"
lui parvient alors et il doit partir identifier le corps à
l'autre bout du pays. Cette femme, il ne l'a jamais rencontrée.
Failan (Cecilia Cheung), jeune Chinoise ayant quitté son
pays après la mort de ses parents. Seule possibilité
pour rester dans le pays: contracter un mariage "blanc".
Elle l'obtint via une agence dirigée par Yong-sik. Kang-jae
ayant besoin d'argent, il avait accepté de servir de "mari"
et tout s'était fait par intermédiaire, sans rencontre.
Aujourd'hui, Failan morte, il prend le train, découvre le
beau et doux visage de la jeune femme sur une photo et repasse dans
sa tête le film des événements. La découverte
d'une lettre qu'elle lui avait écrite sans jamais l'envoyer
va profondément le perturber ...
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Lee
Kang-jae, une petite frappe sort de prison et rejoint les rangs
du gang dirigée de main ferme par son ex-ami Yonksin.
Il a rien Kang-jae, même plus sa boutique de vidéo
miteuse qu'il sous-louait à Yonksin. En plus, le chef
le bombarde rabatteur. Autant dire qu'il n'a plus grand chose
à espérer de la vie. Ou peut-être un bateau
? Pour cela il lui faudrait de l'argent. L'occasion se présente
lorsque Yonksin descend un membre du clan adverse. Pour ne pas
avoir à aller en prison, il s'humilie devant Kang-jae
et lui propose de quoi acheter son embarcation contre son silence
et sa place en prison. Dix ans pour un bateau, le deal paraît
équitable. Et puis la police vient le chercher pour une
tout autre raison. Sa femme vient de mourir. Oui, lui qui croyait
ne rien avoir, avait une femme. Mariage blanc quelques années
auparavant pour aider une immigrée chinoise et gagner
quelques billets dans l'affaire. La voilà qui surgit
dans sa vie, de l'ombre pesante de sa mort. Dès lors,
Kang-jae a peut-être trouvé une raison d'être
en Kang-Failan, sa défunte épouse. |
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Song
Hye-sung avait déjà gagné ses galons dans
l'exercice du mélodrame, il prouve une fois de plus sa
finesse et sa justesse de ton dans Failan, prix du meilleur
film, meilleur réalisateur au dernier festival de Deauville.
L'histoire poignante de cette jeune immigrée obligée
de convoler en " fausses " noces pour trouver un travail
et de ce vieux faux dur, mari et femme jusqu'à ce que
la mort les sépare, qui ne seront jamais amenés
à se rencontrer si ce n'est dans de curieuses circonstances.
Les scènes qui dépeignent la dure et âpre
réalité dans laquelle évolue Kang-jae sont
crues et sans concessions. Dès que Failan apparaît,
la mise en scène et la lumière se font plus douces,
plus caressantes. Comme dans beaucoup de films asiatiques, le
film conjugue satire d'un milieu et histoire sentimentale. Sauf
que celle-ci ne pourra jamais se concrétiser et se jouera
entièrement à distance dans l'ignorance coupable
d'un de ses protagonistes. Kang-jae incarne l'homme qui évolue
dans le bon sens, qui trouve un sens à son existence,
une raison de vivre ; dans l'amour d'un être il questionne
sa propre identité. Failan, malgré elle, évolue
dans le mauvais sens, celui qui la conduit, en pente douce,
vers l'irréversible. |
| Cette
histoire inspirée de la nouvelle de Jiro Asada Lettre
d'amour est interprétée à l'écran
par la radieuse Cecilia Cheung ambassadrice d'une nouvelle génération
d'actrices chinoises et Choi Min-shik, vu dans Indian Fetish
Cult (Jang Sun-woo), Happy End (Ji Woo-chung) et l'incroyable
Shiri (Kang Je-gyu). Ici l'acteur a mis du poids dans le rôle,
au propre comme au figuré et a su jouer avec une palette
d'émotions assez large qui, dans tous les cas, cadrent
mal avec le personnage, le plaçant en perpétuel
décalage par rapport à lui-même. C'est sans
doute cela qui a valu à Choi Min-shik le prix d'interprétation
à Deauville. On reprochera peut être au film des
second rôles un peu stéréotypés.
Les malfrats du gang, l'ami de Kang-jae, des personnages peu
dégrossis et qui auraient peut être mérité
plus. Cela nous permet de nous concentrer sur la relation principale
du film. Néanmoins, Failan reste plus le parcours d'un
homme et de sa quête de rédemption qu'une histoire
d'amour ordinaire. Celle-ci est vécue par absence, flash-back
et souvenirs qu'ils soient gravés sur une lettre, une
photo ou la bande magnétique d'une cassette vidéo.
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Au-delà
de la romance mélodramatique soutenue par une musique
de circonstance qui réserve tout de même des moments
particulièrement émouvants, c'est la remise en
question d'un homme qui est à l'affiche. Un homme qui
réalise que mourir en vivant intensément l'Amour
est sans doute bien préférable à supporter
l'existence misérable à laquelle son passé
le condamne. A moins qu'un choix mûrement réfléchi
vienne remettre en cause sa destinée. Un nouveau questionnement
des valeurs, une autre conception du bonheur, voilà ce
que nous propose Failan. A méditer. |
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