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Sélection
cinéma asiatique Festival de Cannes 2002
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Demonlover
"Business attitude"
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de Olivier Assayas (2002) avec Connie Nielsen,
Chloë Sevigny, Charles Berling, Gina Gershon, Dominique Reymond,
...
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| D'Olivier
Assayas, on connaissait son grand intérêt pour la cinématographie
asiatique (il a signé entre autres HHH portrait du réalisateur
taïwanais Hiou Hsiao Hsien). On savait également son goût
immodéré pour la transcription visuelle et formelle
du scénario. De Désordres en 86, aux Destinées
Sentimentales (déjà sélectionné en compétition
il y a deux ans), il avait marqué un territoire conquis depuis
des années en critique avisé des Cahiers du Cinéma.
Mais ce n'est pas seulement à son admiration sans bornes pour
le mentor de Taïwan ou à sa femme Maggie
Cheung que l'on reconnaîtra Olivier Assayas et
son côté asiatique. |
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C'est
à Demonlover, le dernier film signé de sa patte, en
compétition cette année. Il impose sa marque de fabrique
qui est d'être là où on ne l'attend pas et le
moins que l'on puisse dire c'est que ça déménage
! Demonlover est un film qui risque de faire couler beaucoup d'encre
tant d'admiration que de rage ! Car le film ne peut pas laisser indifférent.
Situé aux antipodes cinématographiques de son opus précédent,
Demonlover localise une partie de son histoire à Tokyo mais
pas tant qu'on l'aurait pu souhaiter.
L'intrigue est simple en soi : une société de courtage
française veut participer au financement de TokyoAnime, une
société de mangas érotiques japonaise, prometteuse
mais sans moyens. |
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cela, ils ont besoin de la diffusion internationale que leur octroie
Demonlover, compagnie américaine spécialisée
dans le Webdesign. Alors que les derniers termes du contrat sont sur
le point d'être signés, Diane, dévoyée
par Mangatronics, concurrent numéro un de Demonlover, est chargée
de torpiller ce deal de l'intérieur. |
| On
quitte alors les intérêts japonais proprement dits et
Assayas ne poursuit pas une étude de la culture manga et du
culte de l'image au Japon et dans le monde mais se focalise sur les
relations extrêmement intriquées qui unissent les différents
protagonistes. Scènes de nuit, plans rapprochés, musique
électronique hypnotisante, il semble alors qu'il marche sur
les traces de son maître à penser, présent l'année
dernière avec Millenium Mambo. |
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Mais
la mise en scène d'Assayas est plus énergique, fracassée
et fracassante, sombre et cruelle à l'image des personnages
entre eux. Elise (Chloë Sévigny) bosse pour Demonlover
avant de servir les intérêts de Karen, employée
par la compagnie Volf et Hervé (magnifique et impitoyable
Charles Berling).
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On
se demande pourquoi (on le saura par la suite). Diane semble
une manipulatrice infernale avant d'être manipulée
à son tour. De retournements de situations en règlements
de comptes, un tournant du film est constitué par l'incorporation
au récit du site Hell Fire Club, un site interactif de
torture, interdit et controversé.
Le film bascule alors dans un univers dangereux et dépravé
" excitant et fascinant à la fois ". |
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Mais
pour complètement captiver son spectateur, Olivier Assayas
a oublié qu'il devait lui fournir des clés de son jeu,
les codes qui lui permettent de décoder entièrement
les intérêts de chacun (sur ce point une deuxième
vision peut être bénéfique). Du coup, pas de dénouement,
un épilogue bâclé et équivoque qui ne laisse
aucune chance à l'inspiration et laisse le spectateur sur sa
fin (faim).
Le polar high-tech s'est depuis longtemps transformé en polar
tout court que l'intérêt pour l'originalité suscitait
alors s'est depuis longtemps évanoui. On notera cependant les
performances étonnantes des comédiens et le soin apporté
à la mise en scène. Assayas a réussi là
une alliance subtile et internationale.
Mais ce n'est pas suffisant et l'histoire riche et obscure qu'il nous
raconte là ne réussit pas à nous faire prendre
au démon du jeu, du sexe et du business. |
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