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Il s'attache en fait à
un clan, une famille, le maître et la maîtresse,
leur fils et leur serviteur. Le maître Zhongmin
disparaît d'un coup de grisou et c'est au serviteur
Guansheng que revient le droit, plus tard, d'acheter
la mine abandonnée et d'en tirer fortune. Pourtant
Guansheng n'est pas de ces être avides que dépeignait
le film de Li
Yang. Il aimait son maître
comme un père et la relation qu'il entretenait
avec la femme de ce dernier, le culpabilisait au plus
haut point. C'est donc dans un souci de rédemption
qu'il redonne vie à la mine et qu'il va chercher
à accomplir les vux de son défunt
maître qui lui apparaît à intervalles
réguliers le soir près d'un feu de camp.
Ces visions apparaissent comme des interludes au sein
du film qui rappellent au spectateur que la destinée
qui se joue ici a une portée bien plus mythologique
que sociale. En soulignant l'avancée de l'histoire,
les promesses tenues ou non, Wang Chao donne une dimension
universelle à son oeuvre. Guansheng est en quelque
sorte pris dans un engrenage inexorable qui le presse
et le poursuit.
Mais le film aurait sans doute bénéficié
d'un dynamisme un peu plus haletant. Il peine à
sortir de la torpeur minière et même si
les dialogues ne sont pas forcément nécessaires,
il en prive de longues scènes, rendant les plans
fixes stériles et rébarbatifs. La deuxième
partie du film pourtant filmée dans la même
veine est plus intéressante en narrant le choix
par Guansheng d'une fiancée pour A Fu, le fils
de son maître auquel il prévoit de léguer
la fortune qui aurait dû lui revenir. Mais, une
fois encore, le destin le rattrape et il se met à
entretenir des relations ambiguës avec la femme
d'A Fu. Cette deuxième moitié du film
embarque le spectateur dans un ton plus léger
et se clôt par le mariage d'A Fu et l'ultime rendez-vous
avec le maître. Il met aussi l'accent sur l'immuabilité
de la société chinoise que même
la volonté du plus grand nombre n'a su détourner
de sa nature essentielle.
En bref, ce film soutenu par le Fonds Sud et co-produit
par Arte France Cinéma tend à confirmer
une tendance artistico-narrative commune dans les projets
soutenus, à savoir ceux qui, d'une part, témoignent
d'une réalité sociale chinoise et qui,
du même coup, sont censurés donc non-produits
en Chine. Et d'autre part, ceux qui empruntent un style
cinématographique propre à l'Ecole de
Pékin dont Jia Zhang Khe est un autre fidèle
représentant. Mettre la grammaire visuelle au
service du fond n'est pas, en soi, un problème.
En faire l'instrument d'une propagande intellectualiste
manichéenne, en revanche, est plus ennuyeux.
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