DAM STREET nous fait prendre conscience que le cinéma Chinois se devrait d’être bien mieux représenté en France, tout simplement. Dam Street est une oeuvre cinématographique sensible, vraie, honnête et hisse vers le haut la réputation de réalisateurs et réalisatrices comme Li Yu dont la recherche d’une mise en scène simple et naturelle donne à la finale un long métrage émouvant qui mérite largement le prix du jury du festival de Deauville 2006.
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Par delà le thème traité, Li Yu nous instruit en nous présentant une période de la Chine, radicale, en mettant en scène une histoire de l’après Mao, dont les mentalités au centre des provinces chinoises étaient sous la pression de la politique de l’enfant unique. C’est dans ce contexte tendu, que l’histoire va prendre place.
A la fin de l’ère Maoiste, dans les années 80, une réduction draconienne de la natalité fut imposée à travers la politique de l’enfant unique. Chacun se devait de respecter cette règle, sauf exception approuvée par les autorités, un enfant par famille était imposé. il s’agissait de l’une des politiques démographiques les plus durs au monde. Avoir un enfant en dehors du mariage était donc un vrai problème, surtout si le couple du moment ne comptait pas donner suite à sa relation. Car le mariage suivant donnerait certainement lieu à un nouveau né, un second, une véritable fortune dans ce cas. Sous Mao, à l’inverse, la politique était nataliste, d’où la fameuse phrase de Mao, « une nouvelle tête, c’est aussi deux bras pour travailler ».
Dans ce contexte, la jeune lycéenne Xiao-Yun tombe enceinte suite à une relation cachée avec un jeune homme de son village. Sa mère fera alors en sorte que sa fille soit accouchée discrètement, prenant ensuite seule, la décision qui fera de la vie de sa fille, une âme sans conviction ni amour en lui expliquant que son fils est mort à la naissance. Li Yu nous plonge alors dans les destins croisés d'une jeune femme et de l'enfant qui lui a été arraché et qu’elle croyait décédé.
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Découpé en deux parties, le film est en effet séparé par Li Yu par une coupure de 10 ans après laquelle Xiao-Yun la jeune fille de 16 ans est retrouvée à l’age adulte, en chanteuse pop dans la région de son enfance. C’est dans ce nouveau contexte, qu’une amitié va naître alors entre un jeune garçon d’une dizaine d’années et la chanteuse. Li Yu dresse le portrait d’une femme désabusée, détachée, vivant au quotidien avec ce gouffre sentimental, cette douleur permanente d’un enfant mort à la naissance. |
Elle connaît une relation avec un homme marié qui n’aide pas sa réputation, puis la réalisatrice, offre une seconde vie à Xiao-Yun, qui suite à cette rencontre avec ce jeune garçon va alors connaître l’amour, celui d’une mère et de son fils. Xiao-Yun malgré elle, va tenter de rester en retrait, seulement, une complicité va rapidement s’installer donnant lieu à une nouvelle relation avec l’enfant dont elle apprendra que celui-ci est en réalité son fils.
Second film de Li Yu, réalisatrice chinoise né en 1973 à Shandong (premier film Fish and Elephant) dévoile avec Dam Street une réalité contextuelle vécue violemment avec la mort d’un enfant et montre également la force de cette femme à vivre une première vie puis une seconde montrant ainsi que tout n’est pas établi au point de subir sans réagir.
C’est pour cela que Li Yu décide de découper de manière académique son film en trois parties, une sorte de prise de conscience nécessaire pour agir en montrant la force de cette femme prête à tout laisser, même ce qu’elle a retrouvé pour effacer son passé et ainsi, tout recommencer.
Dam Street est un long métrage simple et réduit dans un contexte dur et cruel, donnant à la finale un relief présent à chaque instant. Interprété avec un naturel tellement adapté, parfait, les acteurs, que ce soit Xiao-Yun ou ce jeune enfant, le patron dont le pouvoir ne tient qu’à son titre, les seconds rôles, la mère, bref, le tout donne un film vrai, sans fiction, de toute beauté, un film qu’il vous faut voir, absolument . |
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Steph
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