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GENRE : Science Fiction
NOTE : 4/10
RESUME :
Depuis des siècles, les démons ont dominé la Terre. Finalement emprisonnées dans la glace, ces forces démoniaques attendent patiemment la venue de l'Armageddon, lorsque Satan apparaîtra et les mènera à la victoire. Avec la fonte des glaces, la situation semble menaçante pour la Terre. Elle court un grand danger. Suite à une expérience ratée, l'humanité est contaminée, par une partie commence à se tranformer en créatures monstrueuses et développe des pouvoirs surhumains. En pleine guerre des clans, Devilman fait alors son apparition, mi-humain, mi-démon, il est le dernier espoir de l'humanité face à l'armée maléfique dont le leader se fait appeler Satan...
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Ce n'est pas la première fois que les japonais adaptent des mangas au cinéma, avec plus ou moins de talent. Rappelez vous de l'unique "Baby Cart, Lone Wolf and Cub". Il n'est autre qu'un manga qui a été si bien adapté qu'il a su même dépasser la bande desinée éponyme. L'Occident a d'ailleurs pu réaliser, avec un peu de retard, il est vrai, le talent de ce pays dans le genre avec les animations dans un premier temps ("Ghost in The Shell", "Goldorak", "Dragon Ball Z"). La découverte a engendré l'intêrét pour le manga à proprement parlé. Le Japon ne saurait passer à côté de cette opportunité d'exploiter un genre qu'il maîtrise particulièrement bien. Mais si au niveau animation, le pays du soleil levant s'impose comme le premier de la classe, lorsque celui-ci tente d'adapter au cinéma un "Devilman", la gageure est non seulement énorme mais en outre très alléchante. "Devilman" est un manga écrit par un des plus grands auteurs de "bandes dessinées" nipponnes à savoir : Go Nagai. Respecté et reconnu pour ses "Goldorak", "Mazinger Z", "Getter Robo", "Cutey Honey" (adapté aussi au cinéma, avec une réussite plutôt mitigée) et ce "Devilman" qui a vu le jour en 1972. La même année que celle de la naissance du manga, une série d’animations composée de 39 épisodes fut créée sous le nom éponyme du manga. Ceci étant dit afin de vous faire réaliser l'importance d'un tel mangaka pour les japonais.
Et c'est donc logiquement avec le plus grand intérêt que l'on cherchera à voir la fameuse adaptation, toujours dans cette optique d'appréhension de la culture nipponne.
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A la base, "Devilman" est une histoire plutôt classique dans le genre : Fudô Akira, comme dans tout shônen qui se respecte, est un lycéen plutôt réservé qui est la victime idéale des quolibets et coups de ses camarades. Mais voilà, Akira a un meilleur ami qui s'avère être son opposé. Grande "gueule" et prêt à toutes les rix avec témérité, il protège son seul son ami en évoluant dans un lycée qui paraît lui être plutôt une contrainte qu'un lieu d'apprentissage. |
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Mais voilà que Ryo perd son père, un scientifique de renom qui lui laisse un terrible héritage issu de ses récentes découvertes. Un vieux masque de démon en pierre qui révèle à celui qui le porte des visions d’une époque aujourd’hui très lointaine : les démons existent, et ils ont vécu sur Terre il y a de ça des millions d’années. Mais ils ne sont pas morts. Ils attendent leur heure pour reconquérir leur ancien territoire, occupé aujourd’hui par les humains. Et cette heure est proche, les démons commencent déjà à s’emparer des corps de certains humains, comme ce fut le cas avec le père de Ryo. Le meilleur ami de Ryo, Akira n’en croit d’abord rien, jusqu’à ce que les deux garçons soient attaqués la nuit même par plusieurs de ces créatures. D’après Ryo, il n’y a qu’un seul moyen de les combattre : devenir soi-même un « démon » en fusionnant avec l’un d’eux. Seulement, si l’humain a un cœur pur, le démon ne pourra en prendre le contrôle, et ils donneront naissance à un "Devilman" : une âme d’humain avec la puissance d’un corps de démon. Le destin d’Akira est donc tracé …
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Sur le papier l'histoire en elle-même a un réel intérêt. Malheureusement la mise en oeuvre du scénario est particulièrement affligeante. Dès le premier quart d’heure, la révélation finale du manga est déjà quasiment dévoilée. On se dit alors que le scénariste a choisi d’aborder l'adaptation sous un angle totalement différent du manga. Et on attend de découvrir cette nouvelle approche. On a vite fait de comprendre qu’il désire faire de la relation Akira-Ryo le point central du film, et que rien ne vient remplacer l’intrigue à moitié révélée dès le début. Une véritable catastrophe quant à l'adaptation narrative.
On se penche alors vers la réalisation, et l'on constate que les scènes censées être « clés » sont très vite expédiées, engeandrant une frustration légitime. Prenons l'exemple de la transformation d'Akira, étape fondamentale du mangaka. Ici, la métamorphose d'Akira devenant Devilman est pliée en 10 minutes, ne laissant ni le temps de s'identifier ou de créer une certaine empathie avec le héros ni celui de comprendre dans quel monde évoluent exactement AKira et Ryo. |
| Bien sûr, on peut penser que Nasu considérait le manga comme connu par tous les spectateurs et qu'il n'était donc pas nécessaire de raconter Akira pour l'aimer. Mais le problème est qu'il en est ainsi pour toutes les étapes "emblématiques" que connaît le héros. La rencontre avec les démons se fait immédiatement, sans que l'on sache d'où ils arrivent. On se dit alors, peut-être que Nasu veut mettre en avant autre chose ou être créatif et nous offrir une adaptation originale. On espère. En vain.
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Une monotonie continue où finalement le sentiment de frustration est omniprésent. Qui plus est, les effets spéciaux dont sont tant friands les amateurs de science fiction donnent une impression de cinématique de jeux vidéos, ce qui donne bien le ton sur lequel ces scènes se posent. En rupture totale avec le film puisque ces mêmes scènes influencent fortement la manière de filmer les personnages en action, au point même de dicter les cadrages. Il est triste de voir les démons modélisés en 3D ne pas s'intégrer dans le paysage mais y trancher si vivement qu'ils coupent le spectateur de l'ambiance du film.
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Néanmoins, on reconnaitra une excellente idée facile à repérer dans ce florilège du mauvais goût : un certain désir de rendre hommage au père du mangaka avec, par exemple, un Devilman qui s’apprête à frapper et l’image est alors "gelée" pour laisser apparaître brièvement un dessin de l’action. Ceci permettant, il est vrai, de souligner le coup final du héros par des plans retravaillé en style « animation 2D » très courts. Mais justement, même si au niveau des combats, si on peut admirer la soudaine créativité graphique, ceux-ci se résolvent via un seul coup porté par Devilman, ce qui, vous le reconnaîtrez, est assez étonnant même sans avoir lu le manga, mais aussi très frustrant dans la durée.
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A aucun niveau, on ne peut avoir la sensation que l’équipe du film a tenté de souligner l’importance des événements. Aucune atmosphère ne se dégage de ce film, tant les événements sont placés bout à bout, sans qu’aucun ne soit mis davantage en valeur qu’un autre.
La musique ne joue pas son rôle. Elle est plutôt dans les notes basses, mélancoliques et tristes. Aussi durant les "versus", elle est en total décalage avec le propos et est finalement à l'image de tout ce qui se passe dans ce film. Une impression où le collectif n'existe pas, où chacun à travaillé de son côté sans tenter de créér une oeuvre commune mais un patchwork où musicien, monteur, chorégraphe, réalisateur et créateurs d'effets spéciaux ont un dessein différent. |
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On se dira qu'avec un budget pareil, le gachis est vraiment évident. Canarder d'effets spéciaux sans donner aucune structure au scénario, aucune épaisseur aux personnages, aucun ryhtme au film, le rend plat et soporifique alors qu'il se désire manifestement vif et percutant. Le tout joué par des acteurs plutôt mauvais. Mais il est vrai que ceux ci sont des chanteurs à la base (du boys band "Flame"), frères jumeaux, qui plus est, et que Nasu semble préferer finalement les apparences au fond. Le court terme au long terme. Sur le papier, "Devilman" donne envie d'être vu avec une jolie affiche et un budget à la hauteur de l'ambition qu'on pourrait avoir pour une adaptation honorable du manga éponyme. Dans la réalité, il est une véritable insulte à l'intelligence du public, elliptique au possible et surtout sans aucune consistance. Passez votre chemin, et profitez de la découverte pour courir plutôt vous procurer le manga qui vous éblouïra sans aucune difficulté face à cette vilaine adaptation.
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