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CRYING
FREEMAN de Christophe Gans / 1995
Avec Mark Dacascos, Julie Condra, Tcheky
Karyo, Yoko Shimada, Masayo Kato, Byron Mann |
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CRYING FREEMAN:
1995 - GENRE : Action - NOTE : 9/10
RESUME :
Alors qu'elle peint sur les hauteurs de San Francisco, Emu O'Hara
assiste à l'assassinat d'un chef yakusa. Son assassin, d'une
grande beauté, verse une larme après son acte meurtrier.
Le tueur remarque la présence de l'artiste. Il se présente
à elle et lui donne son nom : Yo.
En Chine lorsqu'un tueur donne son nom c'est que l'on est sa prochaine
victime. Seulement l'amour s'en mêle pour ne pas tenir compte
de ce rituel. Le couple va devoir fuir ensemble ceux qui veulent la
mort du Crying Freeman
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Critique
par Hinomura
Comment peut-on rester objectif lorsque Crying Freeman a marqué
votre vie de cinéphile au fer rouge ?
Il a été le déclencheur de ma passion pour l'Asie.
En 1996, lorsque j'ai vu pour la première fois, je suis tombé
sous le charme de cette histoire de tueur sentimental, tout comme
nous l'avait montré Léon, de Luc Besson.
Je n'avais que 15 ans et j'étais déjà subjugué,
envoûté, ensorcelé, par cette activité
noire, dont le but n'est d'autre que d'enlever la vie.
On pourrait considérer Crying Freeman comme une version romantique
féminine et charnel du film de Besson.
Il y a deux critiques pour ce film : soit vous l'adorez ou soit vous
l'adorez aussi J.
Je fais partie de ceux qui élève ce film au rang d'uvre
culte, réalisé par un français bien de chez nous,
amoureux de la culture asiatique : j'ai nommé bien sûr
Christophe Gans.
Ici le cinéaste a réalisé un travail extraordinaire
: reprendre une série manga culte au Japon, et en concevoir
un long métrage. Il n'y a pas de pari plus risqué que
celui-ci pour un producteur lorsqu'il s'agit d'investir ses deniers.
Et ils l'ont fait !
L'histoire
du film parle du japonais Yo Hinomura, célèbre
potier par son père, qui le jour de son exposition d'art,
est le témoin d'un meurtre. Avant de mourir, la victime
laisse une pellicule photographique dans l'un des vases du maître.
Curieux de savoir, il développe la pellicule et se retrouve
face à des photos de tortures dont l'homme en question
est tatoué d'un magnifique dragon.
Ce que Yo Hinomura vient de découvrir va sceller son
destin. Cet homme torturé était un Freeman, un
assassin réputé sur le continent asiatique aux
ordres d'une secte appelé " les fils du dragon "
dont le but est de protéger le peuple chinois. Mais les
protéger de quoi ? Et bien des incursions commerciales
et narcotiques des yakuza japonais sur le territoire au drapeau
rouge et aux étoiles jaunes.
Et entre les chinois et les japonais ce n'est pas l'amour fou.
C'est bien le contraire.
Les fils du dragon n'emploie que très peu d'hommes, mais
tous de qualités exceptionnelles. Le Freeman est leur
tueur attitré. Quelqu'un de précis, organisé
et efficace. Un tueur implacable, invisible, qui ne rate jamais
aucunes de ses missions. Car cet homme là est préparé,
guidé pour tuer.
Son percepteur et mentor, Koh, porte en lui ses espoirs et le
soutient lors de ses missions. Il devient son frère d'arme
lorsque la situation est dangereuse. Mais il est surtout présent
pour lui rappeler son appartenance à la secte des fils
du dragon.
En effet après avoir découvert les photos de torture
de l'ancien Freeman, l'un des chefs des fils du dragon est venue
à la rencontre de Yo Hinomura et l'a piégé
afin de le transformer an Assassin.
Par des incantations et des techniques secrètes d'acuponcture,
la secte s'est assurée du contrôle mental du potier.
Un simple mot par téléphone devient le déclic
de son devoir d'assassin, lui enlevant tout sentiment, et donc
toute peur.
A-t-il la capacité d'accomplir sa mission ? Pour le prouver
la secte le teste. Et Yo se révèle être
concluant : la mort coule dans ses veines. Il devient alors
le nouveau Freeman. Seul reste à faire son tatouage d'appartenance
au fils du dragon : un magnifique dragon, lui donnant la force
que seule ces créatures légendaires possèdent.
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D'après
la légende chaque Freeman porte une malédiction.
Celle de Yo Hinomura sera de pleurer la mort de ses victimes
par remord.
Jusqu'au jour où lors de l'exécution du fils du
plus important yakuza japonais, il rencontre Emu O'Hara.
En Chine, lorsqu'un tueur vous montre son visage et donne son
nom, c'est que vous êtes sa prochaine victime
.
Mais l'amour peut-il renverser l'ordre du Freeman ? ? ?
Cette petite introduction marque
le passé de Yo Hinomura et vous laisse au début
du film au moment de la rencontre entre les deux principaux
personnages. Rassurez vous, quelques rétrospectives
sont présentes au long du film pour vous rappeler de
ces faits
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J'ai beau chercher, je ne trouve presque que des qualités à
ce film. Toutes les scènes, tous les plans sont formidablement
bien choisis, remarquablement filmés. En un mot : sublime.
Et Christophe Gans en est le maître, le concepteur, l'architecte.
Rien que la scène du début, est forte en sensation.
Et bien sûr, je ne vous parle même pas de la scène
de fin. L'épilogue du film est un chef d'uvre cinématographique
: l'un des plus beaux moments de cinéma qui m'a été
donner de voir
graphiquement exceptionnel.
En parlant graphique, l'image est grandiose. Le traitement établit
par le réalisateur et travaillé par la post-production
mérite la révérence.
Chaque scène d'action fait preuve de réalisme. Les effets
de ralentis, les mouvements de caméras, l'addition de la B.O.,
portent à chaque fois le film un peu plus haut, un peu plus
fort.
Toute apparition du Freeman est divine. Chaque instant saisi, avec
le tueur, est un contact privilégié et rare.
Côté
casting, on est au départ très surpris :
Mark Dacascos, acteurs de films d'actions de seconde zone, devient
par ce rôle, une des meilleures reconversions entre films
de série Z et films de cinéma.
D'ailleurs Christophe Gans dit de lui : Mark était un
jeune acteur qui, avant Crying Freeman, n'avait pas vraiment
fait ses preuves. Lorsque le comédien prévu originellement
(Jason Scott Lee - Ndlr) s'est désisté pour de
sombres raisons de contrat, j'ai décidé de tout
miser sur lui. Bien m'en a pris. Personne n'aurait pu relever
ce challenge mieux que Mark.
Mark Dacascos est Crying Freeman. Tout d'abord par ses qualités
athlétiques incroyables - jamais doublé dans le
film -, mais aussi humaines. Dans la vie Mark est humble, sensible,
et en cela, il est l'incarnation parfaite du personnage.
Mark évoque le film et son personnage : Yo est un
personnage mélancolique. Ses parents son mort quand il
était enfant et il a été en quelque sorte
" adopté " par une secte qui l'a conditionné
à devenir un assassin. Imaginez vous une seconde, que
vous êtes prisonnier de votre propre corps, obligé
de commettre des actes que votre âme réprouve.
C'est l'explication de ses larmes. Il est comme en enfer. Lorsqu'il
rencontre cette femme, il entrevoit enfin un espoir, pour la
première fois de son existence. J'ai vraiment voulu,
vraiment désiré ce rôle. J'avais demandé
à mon agent qu'il harcèle Samuel (Samuel Hadida,
le producteur - Ndlr) et Christophe pour qu'ils me considèrent.
Je suis moi-même artiste martial, j'ai appris mon art
de mon père et de ma mère, tout comme Yo a appris
son métier de potier des siens. Je me suis de ce fait
beaucoup reconnu en lui
. Même si je n'ai jamais
tué personne !
Avec cette uvre, les doutes sur
la qualité d'acteur de Mark Dacascos disparaissent.
Sa prestance visuelle est devenue sa marque de fabrique.
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Il y a ne l'oublions
pas, l'ensemble des autres acteurs de ce films qui ont tous
participé au succès de ce joyau.
C'est le cas de Julie Condra (Emu O'Hara), magnifique actrice
américaine, qui n'était que très peu
connue avant ce film et montre ainsi son talent à l'écran.
D'ailleurs petite note : C'est par ce film que Marc Dacascos
et Julie Condra se sont connus et sont tombés amoureux.
Tcheky Karyo (l'inspecteur Netah) est aussi présent
et comme à l'accoutumée nous délivre
une excellente prestation. Il porte sur ses épaules
une grande partie du déroulement d'un film.
Yoko Shimada qui tient le rôle de la vénéneuse
Lady Hanada fait une très belle interprétation
d'une femme dont la manipulation est la spécialité.
Masayo Kato qui incarne Ryuji Hanada, celui qui veut la mort
du Crying Freeman est un
grand acteur au japon et renforce ce sentiment par son rôle
dans ce film.
Et notons enfin pour clôturer
le casting, la présence de Byron Mann alias Koh, le
mentor du Freeman, qui par son jeu d'acteur nous a rassuré
sur ses qualités et son potentiel.
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Ce film d'influence
asiatique, Christophe Gans l'explique dans cette question :
Pourquoi avoir voulu tourner un film d'influences asiatiques
?
C.Gans : J'appartiens à une génération
dont je suis très fier, celle des années soixante,
qui a grandi avec des modèles héroïques qui
n'avaient pas la peau blanche. Quand j'étais enfant,
les héros de cinéma étaient asiatiques
ou noirs. Avec mes amis, nous admirions Jim Brown et Bruce Lee.
Je suis donc issu d'une culture profondément métissée
et il était crucial pour moi de faire un film qui illustre
ce métissage. Où une jeune femme blanche décide
contre vents et marées d'aimer un jeune asiatique. Où
toutes les ethnies sont représentées. Dans Crying
Freeman, les gens parlent leur langue maternelle. On s'y exprime
en anglais, en japonais, en cantonnais
C'était quasiment
une nécessité philosophique. Je me suis battu
pour l'imposer. Vous noterez également que mes personnages
ne sont pas la guerre pour de basses raisons matérielles
- argent ou drogue - mais pour des questions d'honneur, de pouvoir
et aussi de passion. C'est pourquoi je prétends que l'univers
de Crying Freeman est idéalisé. On y respecte
ses adversaires. Le racisme vulgaire n'y a pas cours.
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Vous l'aurez compris : ce film est une merveille. Chaque détail
(comme les armes du Freeman) et chaque action resteront gravés
dans ma mémoire de cinéphile. Réalisé
par un passionné et des acteurs géniaux : vous obtenez
une uvre culte.
Alors peut-on tomber amoureux d'un film ? Définitivement oui.
PS : Qu'en pensez vous Christophe Gans ? Écrivez moi !
SOURCE :
Toutes les interviews sont tirés du livre de production du
film |
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Hinomura
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