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LE CHANT DE LA FIDELE CHUNHYANG
de Im Kwon-Taek
- 2000 - Corée
Avec Hyo-jeong Lee
, Seung-woo Cho, Sung-nyu Kim, Hak-young Kim ,Jung-hun Lee, Ji-youn Choi, Sang-hyun Cho
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GENRE : Drame
NOTE : 9/ 10
Résumé
Au 18ème siècle, en Corée, Mongryong, le fils du gouverneur, part accomplir son destin et promet à la belle Chunhyang de la retrouver bientôt. Mais celle-ci tombe sous le joug du cruel Byun Hakdo, le nouveau gouverneur. Mongryong, devenu Conseiller Royal, découvre les agissements du tyran Hakdo, et entreprend d'y mettre fin.. .
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Le film se déroule au XVIIIème siècle, sous le règne de la dynastie Chosun.
Le jeune Mongryong, fils du gouverneur de Namwon aime la belle Chunhyang, fille de courtisane. Mais n’étant pas de la même classe sociale ils doivent garder leur union secrète jusqu’à la fin des études de Mongryong, promis a de hautes responsabilités.
Un beau jour, ce dernier doit suivre son père, nommé ministre à Séoul. Le couple se voit donc obligé de se quitter temporairement après s’être juré une fidêlité éternelle.
Mais le nouveau gouverneur, le cruel Byun Hakdo, cherchant une courtisane, jette son dévolu sur Chunhyang qui se refuse à lui. Sous peine d’être battue et mise à mort...
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L’histoire de Chunhyang est aussi populaire en Corée que celle de Romeo et Juliette en occident ou encore Devdas en Inde.
Elle a donc déjà été adaptée et réadaptée à toutes les sauces et sur tous les supports possibles et imaginables : romans, télé, radio, cinéma, en braille, en morse ou, pourquoi pas, illustrée sur des boîtes de céréales.
Après avoir coupé l’herbe sous le pied de tous les facheux qui pourraient vociférer que : « Ce genre d’histoires à l’eau de rose, on les connaît par cœur, c’est pas très original ! », nous pouvons donc commencer à nous intéresser à la particularité de cette version signée Im Kwon-Taek, qui réalise ici son quatre-vingt dix septième film. Oui, je sais, je vais même vous le reécrire en chiffres : 97. Même avec quarante ans de carrière derrière lui, ça en fait de la pellicule. |
La spécificité de ce « Chunhyang » se situe au niveau de la narration. Le film débute sur une scène, devant un public nombreux.
Il s’agit en réalité d’un « pansori » en grande partie illustré par un film.
Qu’est-ce que le pansori ? Ceux qui ont eu la chance de voir « La chanteuse de pansori », précédent film du maître, vous expliqueront qu’il s’agit de l’opéra traditionnel coréen transmis par tradition orale depuis le XVeme siècle (et inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2003).
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Un chanteur-narrateur ( myeongchang ) est accompagnée par un percussionniste ( gosu ) rythmant l’histoire sur un tambour ( puk ) et se permettant même quelques exclamations et encouragements ( chuimsae ) rendant le récit plus vivant. Le public peut également en manifester. Le chanteur-narrateur combine le chant ( sori ), la récitation ( aniri ), et les gestes ( pallim ). La technique vocale utilisée est très particulière, parfois lent, parfois rapide, souvent rauque et haletant, le phrasé se rapproche plus du « haka » neozélandais que de celui du dernier tube d’Obispo.
Des douze pansoris connus, seuls cinq sont encore représentés ( Chunhyang-ga, Simcheong-ga, Heungbu-ga, Jeokbyeok-ga et Sugung-ga). Un pansori peut s’étaler entre quatre et cinq heures. |
Ceux qui n’en ont pas fait l’expérience pourront éventuellement être choqués par cette forme de chant si particulière, et même manifester une certaine angoisse lors des premières minutes du film. Rassurez-vous, Im Kwon Taek n’est pas Lars Von Trier. Le « vrai » film commencera rapidement avec seulement quelques allers et retours avec la scène, histoire d’en rythmer les grands chapitres.
Après quelques instants, et pour peu que vous ne soyez pas trop fatigué, ni de méchante humeur, vous vous acclimaterez au pansori et comme tous les spectateurs à l’écran, vous ne pourrez qu’applaudir à la fin du film en remerciant chaleureusement CinéAsie pour ses bons conseils.. |
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Car mis à part cette mise en scène originale, le film est un petit bijou de poésie.
La relation entre Chunhyang et Mongryong est d’une beauté à couper le souffle et le film fourmille de détails et de symbolisme. A tel point que vous n’aurez qu’une seule envie, le voir une seconde fois, et pas seulement pour les scènes de nu lui ayant valu d’être classé « R » lors de sa sortie aux Etats-Unis… |
Premier film coréen jamais présenté au festival de Cannes, « Le chant de la fidêle Chunhyang » est une histoire universelle, mélant amour, passion, loyauté et sacrifice.
On pourra également s’attarder sur les superbes paysages coréens en totale adéquation avec la poésie du récit. Mais le film n’en est pas « gnangnan » pour autant, et les amateurs de SM auront, eux-aussi, droit à une belle scène de torture, de derrière les fagots… |
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Vous l’avez compris, cette histoire au fond assez classique, est brillamment remise au goût du jour par la prise de risque opérée sur sa forme par le patriarche du cinéma coréen.
Une réussite totale, qui lui ouvrira les portes de l’international, lui permettant, par la suite de propulser son « Ivre de femmes et de peinture » aux sommets des box-offices. |
Ursa Minor |
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