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GENRE - Cinéma
Indien
Année : 2004
Résumé
"Cest lhistoire de trois personnages dont les
existences intimement mêlées sunissent et
se désunissent au gré des jeux du hasard, de lamour...
et de la politique. Cest une histoire damour qui
va durer trente ans ; cest aussi lHistoire de lInde
depuis la fin des années 60 jusquà nos jours,
le destin dun pays qui croise celui de nos trois personnages
et conditionne leurs destinées. . " |
| Voici
un film indien qui sort de l'ordinaire. Par sa durée
déjà! Raisonnable dira-t-on. Il tient en moins
de deux heures. Par sa structure narrative d'autre part. Il
débute en huis clos théâtral jusqu'à
un intervalle qui marque le début d'une course poursuite
dans les bas-quartiers de Mumbai (Bombay) noyés sous
un déluge inextinguible. Amar Kapoor (Rahul Bose) est
un consultant en investissement renommé dans le milieu
de la finance. Chameli est une prostituée des quartiers
Lumières rouges de Bombay. A priori rien ne les destine
à se rencontrer. Lui gentleman rangé, habitué
au luxe et à la facilité a sûrement à
sa disposition d'autres filles plus adéquates et onéreuses
qu'on fait venir d'un simple coup de fil. Elle, enfant des rues,
jetée à son sort par des proches trop "bienveillants"
compte les jours depuis qu'elle a remboursé sa dette
en Juin 2000. Du moins est-ce l'une des nombreuses histoires
qu'elle veut bien dévoiler. Aucun point commun donc,
aucune inclination si ce n'est un désir latent qui monte
crescendo tout au long du film. Pourtant, c'est de cette rencontre
improbable que va naître une histoire tout aussi surprenante.. |
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Ce soir de pluie diluvienne,
Amar tombe en rade devant un porche où la dame fait les
cent pas. Sous cette pluie incessante remarquablement magnifiée
par un directeur de la photo inspiré (Aseem Bajaj), ils
vont amorcer une discussion sous de très mauvais augures
pour l'amener là où ils n'imaginaient pas. Mais
c'est souvent comme ça que naissent les grandes histoires
au cinéma, me direz-vous? Et le réalisateur Sudir
Mishra n'échappe pas à quelques recettes éprouvées
de son cinéma national: La danse et la chanson, l'épisode
de la pluie poétisé par une chorégraphie
soignée et un maquillage toujours impeccable. On dirait
une pub pour L'Oréal! . |
Et enfin un couple que visiblement
tout éloigne mais qui vont inéluctablement se
rapprocher. La musique, omniprésente, soulignant une
présence intense, presque déifiée des deux
personnages. Tout dans Chameli tend à prouver que l'originalité
du scénario aussi puissant soit-il n'est pas la condition
sine qua non à la réussite d'un film. La mise
en scène, la bande-son (bien que mise à mal durant
cette projection, ce souci devrait être réglé
lors de la distribution), la photographie et bien sûr
l'interprétation y participent de concert. Et ils font
d'une histoire, qu'on pourrait qualifier de prosaïque à
la lecture du synopsis, une rencontre presque légendaire.
Se référer au titre éponyme Chameli ferait
croire qu'il s'agit là d'un portrait univoque d'une femme
au destin tourmenté. Or il faut voir Chameli bien plus
comme une fable morale qui brosse la rencontre ambiguë
de deux êtres perdus. Car si l'on comprend l'histoire
de Chameli en deux mots, celle d'Amar nous est dévoilée
en toile de fond au fur et à mesure que la relation avance.
Par flashes-back, par allusions, la vérité sur
son passé émerge doucement, douloureusement. Et
la rencontre fortuite se mue en une véritable expérience
rédemptrice, qui l'aidera à se sauver lui-même
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Il va sans dire
qu'avec une production nationale prolifique, le cinéma
indien se porte mieux que bien. Mais seuls quelques opus nous
parviennent timidement de temps en temps ou bien fastueusement
lorsque le marketing joue son office. Mais des films comme Chameli
il est encore rare d'en voir en Europe. Espérons que
ce soit le premier d'une longue série qui nous donne
à la fois le goût de ce cinéma et la reconnaissance
d'une culture millénaire encore méconnue. Un bon
moyen en tout cas de se familiariser avec le cinéma de
Bollywood sans tomber dans ses clichés appuyés.
Et si, pour Chameli (Kareena Kapoor), "tout doit s'oublier
avec un sourire", il en est un de sourire qu'on est pas
près d'oublier. |
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Mystere Vic, 11-10, 9th Pusan International
Film Festival.
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