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GENRE : COMEDIE
NOTE : 7/10
RESUME :
L’excentrique Lili Carmen, danseuse de cabaret à Tokyo, revient dans sa compagne natale en robe rouge, bibi à plume et lunettes de star, accompagnée d’une amie et collègue. Son père est mortifié et la population est en émoi, mais les hommes du village regardent d’un œil plutôt curieux les deux jeunes délurées, surtout quand elles décident de monter un spectacle pour faire profiter les villageois de la culture urbaine moderne . |
DVD Zone 2 disponible chez Asia-Diffusion
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| Il est des réalisateurs qui, nonobstant l’importance de leur parcours cinématographique – tant en terme quantitatif que qualitatif – demeurent globalement méconnus. Keisuke Kinoshita, évidente figure du patrimoine culturel japonais fait partie de ces cinéastes malheureux dont l’aura n’a que difficilement percer les frontières de l’archipel nippon. Malheureux coup du sort, La Ballade de Narayama, œuvre dont il est à l’origine est par souvent attribué à feu le génie Shohei Imamura qui en réalisa le remake presque trente ans après. Heureusement pour nous, la sortie en France de plusieurs de ses réalisations (chez l’éditeur Mk2) nous offre enfin la possibilité de connaître, et reconnaître, un réalisateur qui mérite toute notre attention à bien des égards. |
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Premier film en couleur japonais, Carment revient au pays est aussi le premier vrai succès du cinéaste en son pays. Un succès qui s’explique par la simplicité de l’histoire (Kinoshita étant un adepte des mélodrames familiaux) mais également par la critique amusée des mœurs de la population japonaise : d’une part, l’attachement conservateur aux valeurs rurales traditionnelles et, d’autre part, l’épanouissement citadin, symbolisé par l’influence occidentale. Cette scission dans les modes de vie est symbolisée par l’arrivée des perturbantes et excentriques danseuses de cabaret au sein du village. Habillées de tenues excentriques et colorées (une utilisation judicieuse de la couleur pour accentuer l’émancipation des deux femmes), l’attitude provocante des artistes ne tarde pas à faire parler l’ensemble du village, choqué, attiré et quelque part fasciné par ce décalage. |
| Un décalage qui paraît d’autant plus évident à la vision du directeur, figure noble et dévouée à sa patrie et qui ne cesse de proclamer avec conviction que « Le Japon c’est la culture ». Vivant dans une nébuleuse, les villageois apparaissent alors comme les témoins d’un passé refusant l’avenir, à l’image de l’artiste musicien rural, aveugle jouant – certes avec talent mais de façon très classique et stricte – un air sur son harmonium pour la fête du village tandis que Carmen, artiste de la ville, séduit et enivre par ses danses. Ceci malgré l’incompréhension totale de leur art envers les paysans, souvent empreinte de raccourcis envers la prostitution. . |
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Mais la force de Carmen réside dans sa complète émancipation, elle vit pour son art et s’assume entièrement comme une femme libérée des traditions (sur ce point, elle diffère complètement de sa sœur restée à la campagne), et ainsi de passer outre les sarcasmes et non-dits suggérés. En mettant au centre du récit deux femmes sujettes à de forts préjugés, et faisant d’elles des éléments de déstabilisation (et probablement de modernisation) du village, l’approche de Keisuke Kinoshita prend alors des allures foncièrement féministes. Une tendance soutenue par l’interprétation de la magnifique Hideko Takamine, figure incontournable du cinéma de Mikio Naruse (que l’on retrouve également dans de nombreux films de Kinoshita). |
| Toutefois, bien que ce contexte social soit indéniablement présent dans l’œuvre, il s’agit avant tout d’une comédie décalée et amusée, à but divertissant, en témoignent ces nombreux passages musicaux chantés. Une légèreté d’esprit qui empêche le film de figurer parmi les chefs d’œuvres du genre qu’ont pu réaliser des artistes tels que Mizoguchi ou Naruse mais qui ne doit en aucun cas passer outre votre intérêt tant il s’agit là d’une pierre culturelle japonaise intéressante. |
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MUSASHI
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