|
|
| Battle
Royale 2 |
Scénariste
: Kinji
FUKASAKU et FUKASAKU
Kenta
Avec Takeshi
Kitano, FUJIWARA Tatsuya, MAEDA Aki, Sonny CHIBA |
 |
Battle
Royale 2 : 2003
Genre : Science Fiction Violent
Note :5 /10
Résumé
:
L'histoire se déroule un an après le premier film. On y suit les deux survivants rentrer chez eux et tenter d'alerter l'opinion publique sur ce qui s'est passé sur l'île. Leurs déclarations provoquent un chaos sur tout le pays, violemment réprimé par le pouvoir militaire. Ce dernier décide alors de faire participer les deux opposants à la deuxième session de Battle Royale en compagnie d'une classe beaucoup moins tendre que la précédente .
|
Critique :
Kinji Fukasaku (Battle Royale, Guerre de gangs à Okinawa),
suite au succès inattendu rencontré par son dernier
film Battle Royal, a décidé de mettre en chantier sa
suite directe intitulée très justement Battle Royal
2. Malheureusement, le réalisateur décède durant
le tournage mouvementé de ce second opus et c'est son fils,
Kenta Fukasaku, qui reprend ainsi le flambeau et va conduire sa réalisation
à terme. |
| Battle Royal 2 s'inscrit donc dans
la continuité du premier épisode. Il s'est écoulé
trois longues années depuis la fin de cette fameuse partie
qui avait connu pour vainqueur Shuya et Noriko, et le gouvernement
japonais doit maintenant faire face à une nouvelle forme de
rebellion juvénile. Un groupuscule armé répondant
au nom de Wild Seven, a décidé de se venger des adultes
en commettant des attentats terroristes et fait entrer le Japon dans
une ère de terreur et d'insécurité. Paniqué
par cette nouvelle vague terroriste, le gouvernement japonais décide
de créer un nouveau programme de repression afin d'endiguer
la future déchéance du pays : il s'agit de Battle Royal
2. |
|
 |
Faire suite au succés mondial
de Battle Royal relève de l'audace tant le niveau de qualité
du premier opus était élevé. Dès les premières
secondes de l'extinction des lumières, le sublime thème
musical retentit dans nos oreilles et on se surprend à espérer
une suite à la hauteur du premier. Le personnage de Kitano
(la fille de l'instituteur, interprété par Takeshi Kitano)
est introduit et ouvre le bal de ce qui s'annonce d'ores et déjà
comme un beau massacre ; reprenant les rôles de Kiriyama et
de Kawada, la jeune fille s'inscrit d'elle même au nouveau programme,
non pas dans l'espoir de goûter au sang mais dans celui d'élucider
l'identité de la jeune fille peinte par son père peu
avant sa mort. L'entrée en jeu se fait donc facon Battle Royal,
le talent en moins, la violence en plus. |
| Une classe est à nouveau choisie pour
servir d'exemple à la nation mais cette fois les règles
sont différentes, il ne s'agit plus de s'entretuer gentillement
entre amis mais tout simplement de prendre d'assaut la forteresse
où se cache le leader de Wild Seven, fléau de tous les
adultes. Le scénario de base est d'une telle incohérence
qu'il ne va donner par la suite naissance qu'à des scènes
toutes plus improbables les unes que les autres frôlant à
la fois le risible et le grotesque. Si Shuya (Tatsuya Fujiwara), improbable
leader de guerre, incarne le malheur des adultes du monde entier pourquoi
espérer qu'une ribambelle de gamins inexperimentés à
l'art de la guerre puisse réussir là où des armées
ont echoués lamentablement? et lorsque ces mêmes gamins
laissent désemparée une armée entière
de soldats surentrainés que faut il en conclure? une insuffisance
de l'armée japonaise? Bref le scénario laisse sceptique
mais on se laisse malgré tout entrainer dans la selection drastique
des étudiants qui vont participer à ce raid anti terroriste.
|
| De la même manière
que Battle Royal, le bal de l'horreur s'ouvre sur l'appel des candidats
vers le front, malheureusement, là où Takeshi Kitano
incarnait à merveille une cetaine forme de folie charismatique,
le nouveau professeur, incarné par Riki Takeuchi (que l'on
a pu voir dans la trilogie Dead or Alive de Takashi Miike) joue éxécrablement,
gesticulant de part et d'autre et provoquant des mimiques de visages
trop forcées pour être naturelle. C'est donc dans un
climat de terreur et d'anti américanisme déplacé
que les candidats nous sont présentés. Et là
c'est à nouveau le choc. |
|
| Les candidats sont d'une banalité affligeante,
sans réelle personnalité et l'on commence déja
à regretter le charisme et le talent des anciens éleves
qui avait permis de hisser le film au rang de chef d'oeuvre. Seuls
Taku (Oshinagi Shugo) et Kitano (Maeda Ai) parviennent à sortir
du lot tant et si bien que l'on finit par s'accrocher à ces
personnages, à espérer qu'ils pourront être à
la hauteur pour sauver le film de la catastrophe annoncée.
|
 |
A nouveau programme, nouvelle règle
: les candidats sont maintenant reliés par un collier en binôme
c'est à dire que si un des deux vient à mourir, son
coéquipier sera également condamné. On pourrait
voir à travers cette idée une manière de nouer
des liens entre les élèves, de travailler en équipe
bref de favoriser la communication mais qu'elle n'est pas notre déception
lorsque l'on s'apercoit qu'elle n'est destinée qu'à
faire disparaitre les candidats plus rapidement. Une idée interessante
à la base mais totalement inexploitée. |
L'assaut de départ commencait
pourtant de manière assez réjouissante, faisant même
référence de manière directe à "Il
faut sauver le soldat Ryan" de Steven Spielberg avec son fameux
débarquement.
Les élèves tombent tour à tour sous le feu ennemi
et l'on a droit à un véritable carnage humain. Le terrain
de combat est un véritable amoncellement de ruines qui parvient
à donner un coté réaliste à l'action.
Le principal attrait du film résidera d'ailleurs uniquement
dans la réalisation de ces scènes d'actions qui provoquent
une montée d'adrénaline certaine en regrettant toutefois
que les élèves tombent comme des mouches et de manière
peu spectaculaire.
Mais le film est nourri de trop d'incohérences, les acteurs
jouent trop mal pour pouvoir s'y assimiler ou leur nouer une quelconque
sympathie, les dialogues sont totalement inintéressant bref
le film souffre et nous fais souffrir. Shuya, qui nous avait séduit
par son pacifisme, n'est ici plus que l'ombre de ce qu'il était.
Transformé en gourou de la guerre et entouré d'acolytes
et de bougies honorant les morts, il ne peut être convaincant
à quiconque s'est imprégné du premier épisode
et le film est de plus constamment survolé d'un voile d'irréalisme
qui rend risibles les propos politiques anti américain que
l'auteur tente vainement de transmettre. |
Enfin le discours sur l'amitié
du premier épisode tente également de faire réapparition
à grand renforts de larmes et pleurs mais la recette ne prend
pas cette fois par manque de liens entre les personnages. Vous n'aurez
donc pas à sortir vos mouchoirs.
En guise de consolation il ne nous reste plus qu'à apprécier
la réalisation technique qui est quant à elle assez
irréprochable de même que la bande sonore très
réussie.
|
|
| Pour conclure Battle Royal 2 est un echec plus
que partiel et il ne sera apte à plaire qu'à ceux qui
prendront le film pour ce qu'il est et non pour ce qu'il aurait pu
être ou ce qu'il aurait du être. Une grosse déception
donc pour cette suite réussie techniquement mais gachée
par un scénario trop faible et des acteurs, dans l'ensemble,
trop moyens. |
|
|