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Sélection
cinéma asiatique Festival de Cannes 2002
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Balzac
et la petite tailleuse chinoise)
"La Comédie Communiste"
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de
Dai Sijie (2002) avec Zhou Xun, Chen Kun, Liu Ye, Wang Shuangbao,
Cong Zhijun,
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BALZAC
ET LA PETITE TAILLEUSE CHINOISE : 2002
Genre : Comédie Dramatique
Note : 7.5/10
Présenté en ouverture de la Sélection "
Un Certain Regard ", cette année, Balzac et la petite
tailleuse chinoise est l'adaptation par l'auteur lui-même du
roman éponyme de Dai Sijie. Au cur d'une vallée
du Sud-Ouest de la Chine, dans les années Mao, un camp de rééducation
a pour mission de faire rentrer dans le rang des individus réactionnaires
dont les crimes majeurs se résument à posséder
des livres de cuisines " anti-révolutionnaires "
ou des jouets qui produisent des sons bizarres. Ma (Liu Ye) et Luo
(Chen Kun) sont deux jeunes hommes d'une vingtaine d'années
qui débarquent dans ces montagnes isolées de la vie
citadine pour apprendre à devenir, au contact de la population
autochtone, de véritables " paysans révolutionnaires
". C'est là qu'ils vont rencontrer la petite tailleuse
(Xun Zhou), petite-fille du tailleur du village " de l'autre
côté de l'il du ciel " et Binoclard, le fils
d'écrivain réactionnaire pseudo-repenti qui dissimule
des ouvrages interdits dans une petite mallette convoitée par
les deux héros. Poussés par la curiosité que
stimulent en eux ces contrées lointaines et exotiques, ils
vont dérober la valisette et se délecter de la lecture
de la Comédie Humaine de Balzac, du Rouge et le Noir de Stendhal,
de Flaubert, Kipling, Doistoïevski ou Nicolas Gogol. |
| Ce
film est un clin d'il magique au mélange des cultures,
une porte ouverte sur le rêve d'évasion qu'a impulsé
chez les esprits libertaires la Révolution Culturelle du Grand
Timonier : Le progrès qui, pour lui, consiste en un grand pas
en arrière, la destruction de toutes les formes de cultures
qui ne prônent pas le communisme et l'encensement de pays lointains
qui suivent le vent des drapeaux rouges. Voilà ce qu'a été
la Révolution culturelle. C'est également la thèse
de Dai Sijie qu'il défend aussi ardemment que dans son roman
et la raison pour laquelle les autorités de Pékin voient
là l'uvre d'un démon subversif ! |
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| Au
cur de splendides décors évoluent des personnages
touchants, légèrement archétypés pour
mieux illustrer le propos. Les trois protagonistes principaux forment
un trio convaincant qui, aux côtés d'une lumière
flatteuse et d'une mise en scène bucolique, participe de concert
à créer une ambiance romantique à laquelle les
chefs d'uvre de littérature que lisent les trois amis
ne sont pas étrangers. En signe d'alphabétisation, les
deux jeunes amis, l'un, fils de médecin " ennemi du peuple
" et l'autre violoniste doué vont transmettre à
la petite tailleuse le plaisir de la littérature et de la lecture
immisçant en elle le désir de connaître autre
chose sans savoir jusqu'où cela pourra les conduire. |
| Autre
séquence symbolique qui restaure la tradition orale chez
les villageois, la transcription théâtrale des
films qu'ils sont allés voir à la ville (Nord-Coréens
bien sûr !) C'est alors que dans une scène mythique,
à l'instar de Mozart qui chante la gloire de Mao, Balzac
se retrouve l'auteur génial d'un film de propagande communiste
et Ursule Mirouët, l'héroïne involontaire du
peuple chinois. |
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Les
trois interprètes dont Xun Zhou (Suzhou River) plus rayonnante
que jamais apportent au récit la touche mélodramatique
sans laquelle ce film serait resté une uvre politique
réactionnaire et parviennent à faire vivre si sincèrement
cette relation triangulaire que l'on ne peut que ressortir convaincu
par les prestations de jeunes talents très prometteurs. L'histoire
d'amour, qui aurait pu durer, se trouve cependant avortée
par le désir de connaître autre chose, comme on l'a
dit, par l'appel inexorable de ces pays lointains où le capitalisme
est roi, où les gens arpentent glorieusement les Champs-Elysées.
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| Une
fuite, fruit d'une conviction que " la Beauté féminine
est un trésor inestimable " et qu'il faut en profiter
tant qu'il est encore temps, ce à quoi Ronsard n'aurait pas
trouvé à redire. Quelques années plus tard, que
reste-t-il du grand idéal révolutionnaire de Mao Zedong
? Où réside le bonheur promis au peuple en gage de son
dévouement à la cause communiste ? Aujourd'hui Shangaï,
Pékin suivent leurs aînées capitalistes et l'on
célèbre le 1er Mai la réussite des Grands du
Privé. Qui alors avait raison ? Le vieux chef thuriféraire
qui risquait sa vie pour le portrait du président ou la petite
tailleuse éprise de liberté dont la silhouette blanche,
sur les marches de son avenir, continue de nous hanter ? |
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