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GENRE - Drame, Romance
Année : 2004
Résumé
Le nouveau film de LI Shao-hong est un must cinématographique,
l'histoire de deux être perdus, l'un qui va mettre le
grappin sur l'autre pour finalement le convaincre qu'il est
amoureux d'elle. Baober (Zhou Xun) est une fille seule, extravagante
et complètement inattendue. Elle a vécu des événements
qui ont choqué son enfance, notamment la destruction
de sa maison par les autorités chinoises. Liu (Huang
Jue) est un consultant qui gagne bien sa vie et la partage avec
sa femme jusqu'au jour où cette communauté ne
peut plus durer. Il se sépare alors d'elle et c'est alors
que Baober, par le truchement d'une vidéo autoportrait
fait sa connaissance. Elle va tomber amoureuse et tout mettre
en oeuvre pour lui faire ressentir les sentiments réciproques.
"Romance crépusculaire sur fond de critique
sociale" |
| Ce
qui fait avant tout la réussite de Baober in love c'est
l'énergie incroyable que Zhou
Xun dispense au film. Après avoir admiré
son pouvoir séductif et protéiforme dans Suzhu
River, on la retrouve ici en état de grâce, fidèle
à ce rôle mais encore enrichie d'un passif psychologique
intense. Ajoutez à cela une photographie extrêmement
léchée mêlant différents effets sur
images et dont la post-production a été assurée
entièrement par des français et vous obtenez un
cocktail détonant de bonne humeur et de réflexion
sur l'amour et la coexistence des sentiments dans une société
urbanisée, refroidie par le béton. Le film est
donc appelé à devenir un incontournable. Si ce
n'est dans l'immédiat, du moins dans quelques années
sera-t-il devenu culte. Comme l'un des dignes représentants
chinois (l'autre splendide Suzhu River de Lou Ye en est également
un exemple) d'une certaine "nouvelle vague", dans
la vague, en marge de la 6e génération des cinéastes
chinois et qu'on serait tenté d'appeler la 6bis. Des
réalisateurs qui ne prennent pas la peine de s'encombrer
de convenances visuelles ou narratives et donnent libre court
à un imaginaire débordant. |
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Baober in love est tout cela.
Mélange de fraîcheur, d'innovation, de psychédélisme
et d'acmé des sentiments. Son style s'adapte parfaitement
à un message car il n'y en a pas. Pas de style, ou celui
inimité, inimitable fait de construction/déconstruction
de LI Shao-hong qui a déjà un parcours assez surprenant.
Après avoir rejoint l'armée à 14 ans, elle
décide de s'orienter vers le cinéma, sera diplômée
de l'Académie du Film de Pékin et suivront des
films tels que Bloody Mornings, Family portraits, Blush,
et Red Suit. Pas de message si ce n'est les rêves
de jeunes générations vers plus de libertés,
en amour, dans le travail, dans la vie. Aspirant à des
idéaux hier inaccessibles: Argent, Voyage, Sexe... Si
le film se veut critique à l'égard de la politique
chinoise (destructions des vieux quartiers de Pékin et
déracinement des populations, politique de l'enfant unique)
ce n'est pas son propos premier et ces critiques n'apparaissent
qu'en toile de fond. |
| Il est vrai que le film suit le caractère
cyclothymique de Baober, étincelant lorsqu'elle va bien,
crépusculaire lorsqu'elle doute de l'amour de Liu et
de leur vie possible. Le chat noir qui, dans nos contrées
à une symbolique négative, revêt ici une
signification bien différente. Cette métaphore
filée qui rappelle de loin la ligne du Parti en Chine
("Chat noir ou Chat blanc, l'essentiel est d'attraper la
souris") souligne la peur de Baober d'être au monde
et d'y rester. Mais si l'on écarte cette vision pessimiste
de la réalité qui font croire que la Chine s'achemine
vers un point de non-retour tout comme Baober, on profite au
contraire d'une vision beaucoup plus positive de l'avenir. Ce
n'est pas d'une société en déréliction
dont il est question mais d'une société qui a
soif de vivre et survivre, à l'heure où les autorités
qui perdent le contrôle resserrent la vis de la ceinture
de chasteté. Société v(i)olée, privée
de libertés, pendant des décennies. Les nouveaux
tenants de la barre se lancent à corps (é)perdus
dans un délice de douceur, d'amour et de lumière.
Comme le dit Liu en conclusion, "je ferais mieux de croire
que cette douleur est joyeuse". Baober in love comme oeuvre
des plus avant-gardistes en Chine ces dernières années
est donc une romance crépusculaire sur fond de critique
sociale. Il nous interroge sur les possibilités de l'amour
dans une société déshumanisée. |
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Mystere Vic, 11-10, 9th Pusan International
Film Festival.
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