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AZUMI - de : Ryuhei Kitamura
Acteurs : Aya Ueto, Yoshio Harada, Aya Okamoto,Naoto Takenaka, Minoru Matsumoto , Joe Odagiri , Katsuki Kitamura
GENRE : Chambara Violent- ANNEE : 2003 - NOTE : 6.5/10
RESUME :

Une jeune fille, orpheline au coté du corps défunt de sa mère, se voit recueillir par un maître accompagné de ses jeunes disciples. Ancien samurai à la solde de Tokugawa et ayant perdu son fils au combat, le maître Gessai s'est fait la promesse d'empêcher toute nouvelle tentative de guerre et, dans ce but, a créé une équipe de terroriste parmi laquelle se distingue la dernière recrue : Azumi.
Réalisé par Ryuhei Kitamura, à qui l'on doit déjà Versus, et inspiré du manga éponyme écrit par Yu Koyama, Azumi se veut une nouvelle fois la rencontre improbable entre le cinéma, le manga et le jeu vidéo. Une certaine forme de cinéma dont Ryuhei Kitamura s'est fait le fer de lance et qui commence à faire des émules notamment avec l'adaptation récente au cinéma du manga Cutie Honey. Un cinéma dont le but clairement avoué est de divertir et où l'absence de réflexion est poussée à son paroxysme, à la limite du néant intellectuelle. Mais les intentions du réalisateur se situent autre part, et quiconque à pu apprécier le délire visuel de Versus, salive déjà d'impatience devant Azumi.
Le scénario est d'une simplicité toute assumée, mélange assez habile de wu xia pian, de films d'arts martiaux et de comédie dramatique. Recueillie par un ancien samurai, Azumi et les autres disciples vont apprendre à se battre selon les dures lois de l'entraînement martial durant toute leur jeunesse afin de constituer une équipe d'assassins chargée d'empêcher les soulèvements des seigneurs de guerre contre le pouvoir établi. C'est avec l'aide d'un ninja que cette équipe va s'attirer les foudres de guerre des seigneurs diligents et d'une pléthore de personnages hauts en couleurs venus leur prêter mains fortes.
La première différence qui s'impose d'emblée à la vision de Azumi c'est le quasi souci de réalisme historique vis à vis de Versus. Là où l'un versait dans un trip expérimental visuel, l'autre s'encombre d'une réalité historique qui le dessert plus qu'il ne l'embellit dans la mesure où il y a un décalage trop important entre le background et l'action qui s'y déroule. Kitamura n'a pas pour renommée de retranscrire des réalités, des épopées de façon réaliste, le décalage entre la tonalité de la réalisation et celle du scénario n'en est que plus évidente. Le reste du film n'en reste pas moins étrangement fidèle à la filmographie de Kitamura que ce soit dans la difficulté de rythmer son œuvre, dans l'amateurisme des comédiens, dans les scènes d'actions diablement efficaces ou bien encore dans les poses hyper stylisées des combattants.
Un univers aux confins du kitsch sanglant saupoudré d'un zeste d'héroïsme propre au réalisateur. Et ce n'est pas Azumi qui va déroger à la règle. Le film débute par une introduction qui nous rappelle sans ambiguïté Versus : perdus dans une forêt sombre, des combattants sabreurs s'affrontent à force de pirouettes et de vols en tout genre, beaucoup de style pour peu d'efficacité mais on en prend plein la vue notamment lorsque la caméra vole au dessus de la forêt pour cadrer dans une pose très héroïque celle qui va porter sur ses épaules tout le poids du film : il s'agit de Azumi (incarnée par le regard naïf de la très jolie Aya Ueto).
Le réalisateur jongle constamment entre l'euphorie de la victoire et la dramatisation des échecs, faisant se succéder les rires aux pleurs, ce qui nuit grandement à la compréhension de l'excentricité du film. Faudrait-il prendre Azumi comme une fable contemporaine où les héros d'antan reprendraient leurs galons perdus ? Azumi n'est il pas plutôt la mise en image de la passion d'un auteur pour la violence stylisée? La frontière entre réalisme et second degré n'est malheureusement pas clairement définie, la narration s'en trouvant condamnée à subir des élans dramatiques qui assomment quelque peu le film.
Un second degré qui en revanche se perçoit très clairement dans la composition des personnages : kitsch à souhait que ce soit le garde du corps habillé d'un masque de singe, le tueur psychopathe à la robe blanche tenant une rose rouge ou même Azumi revêtant une armure de guerrière orné d'une cape, les personnages nous semblent tout droit sortis d'un role playing game comme il en naît des centaines sur consoles. Les acteurs ne sont pas formidables loin de là mais remplissent leur rôle en assurant un spectacle convenable, l'inaptitude chronique des comédiens à manier l'épée se ressent bien évidemment mais la tonalité du film empêche toute considération négative vis à vis de cet aspect.
Azumi ne se réduirait il donc qu'à si peu de choses? Bien évidemment non puisque la signature de Kitamura prend le pas sur tous ces petits défauts qui, finalement, participent malgré eux à l'ambiance si particulière de Azumi. Les acteurs, au jeu assez basique, parviennent tout de même à nous plonger dans leur univers ; Aya Ueto, pop idole au Japon est beaucoup plus sympathique que nombre d'autres idoles s'essayant au cinéma (Cf. les Twins) et on lui pardonne très rapidement ses lacunes évidentes d'actrice. A nouveau comme dans Versus, l'amateurisme des comédiens participe énormément à l'atmosphère de Azumi, il prévient d'un quelconque sérieux.
Enfin, et c'est ici que Azumi prend toute son envergure, le réalisateur nous offre une scène finale dantesque avec un face à face qui nous offre son lot de positions charismatiques et un cadrage fabuleux avec une caméra qui va vous donner des sensations de vertiges. Un final qui remporte l'adhésion face aux scènes de combats sympathiques mais sans réelle envergure ayant parsemé le chemin de notre héroïne. Un bon Kitamura dans l'ensemble donc, qui n'a pas la presemption de révolutionner le monde du cinéma mais qui offre tout de même une facette différente de ce que le septième art est en mesure de nous faire partager.
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