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AUDITION
de Takashi Miike
- Japon - 1999- Genre Horreur
Avec Ishibashi Ryo,
Miyuki matsuda , Shiina Eihi, Ishibashi Renji |
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AUDITION
: 1999
- Genre : Horreur
- Note
: 8 /10
Résumé
:
Un producteur de télévision, veuf depuis plusieurs années,
se décide à se remarier. Il organise un faux casting
pour trouver sa future femme. Il trouve la femme parfaite, mais celle-ci
va l'entraîner dans l'horreur et la terreur.
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Critique
:
Qui
peut prétendre vraiment connaître les gens ? Toutes
les auditions et les curriculum vitae de la Terre ne pourront
jamais refléter la véritable nature humaine. C'est
le constat d'Audition et de son réalisateur Takashi Miike
(Fudoh). Un des seuls films underground du japonais distribué
en France même s'il est devenu la nouvelle coqueluche
européenne après la période Kitano, tant
son uvre s'amuse à jouer avec le spectateur dans
le dédale de ses fantasmes.
Tout commence comme un mélodrame, l'image est forte :
un gamin arpente les couloirs d'un hôpital en portant
un cadeau pour la guérison de sa mère malade et
lorsqu'il parvient à la porte de sa chambre, son père
Shigeharu Aoyama (Ryo Ishibashi) pleure sur le corps éteint
de sa femme.
Image douloureuse, image choc. Puis le film s'endort dans un
pseudo-drame romantique dans lequel le père ayant élevé
son fils jusqu'à l'âge de maturité envisage
de se remarier sur les conseils de celui-ci.
Producteur,
Aoyama organise alors sur les conseils d'un ami (qui scelle
son destin par ce coup de dés magistral - Le barman
qui agite son shaker) une audition pour trouver la femme
qu'il lui faut. " Héroïne de demain ",
c'est le titre de la campagne pour le téléfilm
programmé, va alors voir défiler nombre
de candidates toutes plus invisibles les unes que les
autres aux yeux d'Aoyama. Ceci parce qu'il a déjà
choisi sa future, ancienne danseuse classique, blessée
dans son corps et son âme. Et dès lors que
Yamazaki Asami entre en scène, on sent que le film
est en train de changer.
Cette femme introvertie, mystérieuse qui vit dans
appartement lugubre où un mystérieux sac
de toile renferme un être inquiétant, va
entraîner Aoyama dans un cauchemar dont on peut
dire qu'il ne se relèvera pas. Justesse du jeu,
montage et lumières soignés (Yamamoto Hideo
à la photo), les racines du mal sont bien mises
en évidence par le réalisateur qui cherche
à atteindre " les limites du supportable "
pour l'être humain. |
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Le
personnage d'Asami en bourreau sadique qui se justifie par son
manque d'amour est tellement bien campé par Eihi Shiina
qu'il ne peut entraîner de la part du spectateur qu'une
violente révulsion à son égard. Quelque
chose qui sort des tripes pour éclabousser l'écran
de haine.
La scène finale qui marque l'acmé douloureuse
du film est subtilement calée dans un montage où
Takashi s'amuse avec les nerfs du spectateur comme Asami exacerbe
la sensibilité de ceux d'Aoyama.
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La
trame précédente nous a fait éprouver
pour le personnage principal cette empathie, cette compréhension
sans laquelle la scène de crime n'aurait pas tant
d'impact. Audition laisse un goût amer quant à
la nature humaine et le degré de folie qu'elle
peut atteindre. Takashi dit vouloir savoir ce qu'il y
a " derrière ces limites " qu'il cherche
à repousser, qu'est ce que l'on peut reconstruire
quand tout a été détruit. On lui
répondra qu'au delà de l'humain, il y a
l'inhumain et que justement rien ne peut être construit
après ça. Un film à ne pas laisser
passer sous tous les yeux. |
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