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April
Story de Iwai
Shunji - Japon - 1998
Avec Matsu
Takako, Fujii Kahori, Tanabe Seiichi, Tsuda Kanji |
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GENRE
: Comédie sentimentale
NOTE : 7/.10
Uzuki Nireno, une jeune étudiante quitte Hokaido pour venir
étudier à Tokyo. De nature très timide, elle
parvient malgré tout à se lier d'amitié avec
les membres d'un club de pêche et à prendre ses repères
dans la capitale japonaise. Les réelles raisons de son déménagement
pourtant sont tout autre : elle souhaite retrouver une personne de
son village dont elle s'est éprise. |
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Faisant suite à l'épique
Swallowtail Butterfly et précédant le
dramatique All about Lily Chou Chou, la place de April
Story dans la filmographie de Shunji Iwai est plutôt
difficile puisqu'elle sert de relais aux deux chefs
d'uvres du réalisateur. Une position forcément
complexante mais dont a su s'affranchir April Story
puisqu'il réunit deux ingrédients ayant
crée la renommée du réalisateur
: le moyen métrage (avec l'excellent Picnic et
Undo) et la love story (confirmant le premier essai
concluant de Love Letter).
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L'introduction ne trompe pas.
L'esthétisme des scènes frappe à
nouveau d'emblée, complétée par
une réalisation originale et inventive. Shunji
Iwai ne nous dévoile pas facilement sa jeune
étudiante, Uzuki Nireno. Sur le quai de la gare
d'Hokaido, il préfère employer un plan
introspectif, nous plongeant au fond même du personnage,
comme pour nous faire prendre part davantage à
son histoire (ce qui finalement viendra se confirmer
par la suite). Sa famille venue l'accompagner pour son
départ vers la grande métropole de Tokyo
lui adresse ses derniers aux revoirs, mais il nous est
encore impossible de pouvoir coller le moindre faciès
sur l'élue de tout ces saluts. Ce n'est que plusieurs
minutes après et suite à l'emménagement
de son appartement, que le sourire de Uzuki Nireno et
son étonnante fragilité émotive
vont enfin pouvoir s'affirmer. Le casting ne trompe
pas à nouveau, Matsu Takako est tout simplement
renversante d'émotion, mais il ne s'agit nullement
ici d'émotion scriptée mais bel et bien
d'une interprétation parfaite jonglant à
la fois entre timidité et audace. Quitter Hokaido
pour Tokyo n'est certes pas une mince affaire, mais
lorsque l'on est de plus de tempérament réservé
et qu'il faut s'adapter à l'inconnu, l'intégration
n'en est que plus difficile.
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Un départ pour l'inconnu nécessaire pour
intégrer la prestigieuse école de Musashino.
D'autant plus nécessaire que son intégration
fût le fruit de nuits blanches à réviser
dans l'espoir de réussir l'examen malgré
la médiocrité de ses notes. Un effort
de tout instant, abstraitement concrétisé
par la nouvelle étudiante, incapable d'expliquer
à ses camarades les raisons qui l'ont poussé
à choisir Musashino parmi l'éventail d'écoles
présentes à Tokyo. Et si elle en est incapable,
c'est parce que l'entrée à l'université
de Musashino n'est qu'un prétexte, qu'un alibi
à un autre dessein, celui de retrouver un ancien
élève d'Hokaido, Yamazaki, censé
tenir une petite librairie à Tokyo.
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Uzuki ne fait que caresser le simple
et doux rêve de revoir celui qu'elle aime secrètement,
celui pour qui elle n'hésitera pas à détruire
l'intangibilité des barrières de sa timidité,
celui dont elle n'espère finalement qu'une simple reconnaissance
au delà même d'une quelconque liaison. Aussi s'il
est bien un adjectif qui qualifie le personnage qu'incarne la
superbe Matsu Takako c'est sans aucun doute la ténacité
mais aussi le courage et la force subjugués par une féminité
à toute épreuve qui viennent adoucir la force
de caractère et l'obstination dont elle fait preuve.
Le scénario développé par Shunji Iwai est
très féminin, très à fleur de peau
et cible très clairement son public, relativement jeune
et nourrissant toujours espoir et amitié envers ses histoires
à la fois si simples, si réelles et pourtant si
belles. Mais là où Shunji Iwai avait de quoi réalisait
un long métrage, sûrement pas révolutionnaire
mais tout du moins agréable et racé, il préfère
opter pour un moyen, et laisse un sentiment de conclusion trop
hâtive, là où l'on espérait peut
être en savoir davantage.
Caché sous l'aspect d'une
comédie sentimentale, April Story s'apparente en fait
davantage à un portrait de Uzuki puisqu'à aucun
moment le réalisateur ne s'attarde sur une quelconque
idylle entre les deux personnages, puisque de fait, il n'en
existe pas. La caméra gravite autour de la jeune étudiante,
de son emménagement à la découverte de
sa voisine peu accueillante, de son entrée en université
à son adhésion à un club de pêche.
Pourtant inextricablement on sent que ces différentes
étapes qu'elle vit à Tokyo et les différents
liens qu'elle commence à nouer avec ces différentes
personnes n'ont pour but que de l'amener psychologiquement vers
Yamazaki. Dès lors il existe ce paradoxe entre d'une
part le refus de filmer une quelconque romance (existante ou
pas) et d'autre part la quête perpétuelle du Uzuki
pour l'existence de cette romance. Un choix artistique qui laisse
un arrière goût de déception mais qui finalement
permet de recentrer April Story sur ce qu'il est réellement
et non pas sur ce qu'il semble être de prime abord. Shunji
Iwai réalise finalement ici ni plus ni moins qu'une ode
à l'espoir et au rêve, c'est une invitation à
se prendre en main, à tenir les rênes de son destin
et à lutter contre ses peurs, à accomplir ses
passions. Et en cela il a eu raison de se refuser à filmer
une quelconque romance, car ce que souhaite Uzuki c'est avant
tout de la reconnaissance, elle qui se croyait invisible à
ses yeux. Ceux qui aurait aimé en savoir plus, n'auront
qu'à se laisser bercer par la sublime bande son et laisser
libre cours à leur imagination.
Shunji Iwai réalise à nouveau un film simple d'apparence
mais qui cache une profondeur, une sensibilité abyssale
et un message subliminal très puissant. Un film très
féminin dans sa narration, ses couleurs, ses personnages
qui laisse un sentiment de douceur, de beauté et de quiétude
formidable. |
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PAR
MUSASHI
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