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NOTE
MatriXa
: 2/10
Hinomura : 6.5/10
RESUME :
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Venant d'apprendre que son épouse a eu un accident de voiture, In-Su (Bae Yong-Joon) se rend sur la côte est de la Corée du Sud. Une révélation l'attend à l'hôpital : sa femme n'était pas seule dans la voiture, elle était accompagnée de son amant. Ce dernier est marié lui aussi et son épouse, Seo-Young (Son Ye-Jin) subit le même choc que In-Su. D'abord reliés par ce sentiment d'avoir été trahis, In-Su et Seo-Young vont progressivement faire connaissance. Une idylle est peut-être sur le point de naître, mais est-ce l'amour ou le désir de revanche vis-à-vis des deux autres époux ? . "
Voir la bande Annonce et le site officiel: APRIL SOWN |
Encore un film prototype du film guimauve, rose bonbon que la Corée excelle à produire sous le nom de hallyu , soit drame romantique depuis la vague « My Sassy Girl ». Le réalisateur cette fois-ci n’étonnera personne puisqu’il s’agit de Hur Jin-Ho celui là même qui a commis « Christmas in August » puis le larmoyant « One Fine Spring Day ».
Avec « April Snow » il ne change pas la donne. Même thématique, même mise en relief des amours contrariés … Nous avons donc ici deux couples mariés confrontés aux vicissitudes des alliances dites pour l’éternité. |
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Si déjà vous avez beaucoup d’appréhension à l’annonce de films dits mélodramatiques .. vous risquez d’avoir raison avec « April Snow ». Difficile en effet de ne pas tomber dans les clichés surtout pour un thème traité dans tous les sens par le cinéma , à savoir l’adultère. Avec Hur Jin-Ho, nous sommes entraînés dans une forme de spirale de sentiments contradictoires de personnages oscillant entre la vengeance, la honte et le désespoir lié à la perte d’illusions. Tout cela écrasé par le poids d’une société où la technologie est définitivement moderne mais pas son regard sur les mœurs. |
Néanmoins, on peut surprendre, analyser, donner à voir et réfléchir avec un sujet même des plus classiques. Mais le réalisateur a semble t-il préféré éluder le problème du vécu individuel du drame pour l’élaboration d’une histoire d’amour vécue dans la culpabilité et la gêne. Les deux héros, miroir du ressenti de l’autre, sont ainsi au diapason et peuvent ainsi , il est vrai, faire l’économie du bavardage. Cependant, rien ne nous interpelle, il s’agit simplement d’observer quand deux êtres vont céder à la tentation charnelle.
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Il est rapidement lassant d’observer l’abnégation presque religieuse avec laquelle les personnages vont lutter pour donner le change et leur absence totale de jugement sur les amants coupables. Les époux trahis sont condamnés à vivre avec une honte, qu'on leur fait porter, et qu’ils conservent finalement précieusement . Ceci permettant d’offrir un versant dramatique qui peut faire rire l’Occident .. Il en résulte que l’on se pose finalement une seule question «trouveront-ils le chemin de retour sur lequel leurs conjoints infidèles les ont menés ? . |
« April Snow » se range définitivement dans le volet « carte postale » avec de belles images de couple amoureux jouant de regards pudiques et dialogues laconiques. Rien ne se dégage si ce n’est un ennui profond . Le tout agrémenté pour ne pas dire martelé d’airs de pianos pour venir vous faire entendre que c’est ici que vous devez verser une larme si vous n’avez pas encore compris que là est le but ultime de ce film . |
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Sorti en Septembre dernier simultanément en Corée du Sud et au Japon, April Snow n'a remporté qu'un succès modeste dans son pays d'origine. Au Japon, il s'est par contre imposé comme le plus gros succès coréen de tous les temps, se hissant dans le top 3 du box office, ce qui était une première. Il faut dire que la star masculine Bae Yong-Joon avait déjà acquis une grande popularité en Asie grâce à son rôle dans le drame « WinterSonata » Quant à l'actrice Son Ye-Jin, l'année 2005 aura été très fructueuse pour elle puisqu'on la retrouve dans deux des plus gros succès coréens de l'année en Asie «A Moment to Remember » dont le score au box-office japonais vient tout juste de battre celui de « April Snow » . |
Si ce film a pu remporter un tel succés, on craint donc que le réalisateur persiste à signer de tels « sirops » Néanmoins, ceci étant affaire de goûts, l’offre répondant à la demande, on peut logiquement penser que Hur Jin-Ho ne nous épargnera pas la même recette à son prochain délit cinématographique. |
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Critique par Hinomura |
April Snow est le troisième long métrage de Hur Jin-ho connu pour Christmas in August présenté à la semaine de le critique à Cannes en 1998 et One fine Spring Day deuxième esquisse sur les aléas de l’amour .
Le succès au Japon de la dernière œuvre d’Hur Jin-ho a été retentissant, terre d’accueil pour le réalisateur qui a su s’imposer il y a quelques années avec son « Noël en Août ».
Première nationale et soirée d’ouverture au Festival de Vesoul, April Snow dévoile la vie tourmentée d’individus qui n’auraient jamais dû se rencontrer. Mais la vie en a décidé autrement et par une nuit calamiteuse la femme de In-su, préparateur lumière pour des concerts, est victime d’un accident de la route. Après connaissance des faits, In-su se rend d’urgence à l’hôpital et apprend qu’elle n’était pas seule dans la voiture. En effet elle avait décidé de prendre quelques congés avec son amant. Retourné par cette situation, In-su fait connaissance de la femme de l’amant, Seo-young, attendant elle aussi des nouvelles sur la santé de son compagnon. |
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In-su et Seo-young sont tourmentés par ce qu’ils viennent d’apprendre. Commence alors un long chemin de peine, de remise en question, pour savoir d’où est venu cette carence conjugale concluant à une relation extraconjugale. Puis petit à petit, les deux âmes en peines se croisent dans un motel non loin de l’hôpital, se lie de valeurs communes et d’un malheur semblable.
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A la vue de ce synopsis April Snow pourrait facilement être condamné de plagiat sur nombres de longs métrages comme Random Hearts où Harrisson Ford et Kristin Scott Thomas étaient plongés dans les tumultes de l’amour. Pourtant la ressemblance s’arrête au thème principal puisque le traitement est différent.
En effet, dans l’œuvre américaine, le développement scénaristique se forge de l’investigation des deux dupées conjugaux, et la relation des amants tarde à venir. Ici, le cinéaste coréen se concentre véritablement sur les effets dévastateurs de l’union des amants sur leurs conjoints qui tenteront à leurs tours une liaison de substitution . |
On peut ainsi se poser la question en tant qu’individu, de nos réactions face à la découverte d’un amant de notre conjoint. Aurait on l’envie de se venger, saurions nous pardonner ?
Sur ces différents points, Hur Jin-ho maîtrise avec aisance ce sentiment de désoeuvrement, de peine, et par la suite de culpabilité, de responsabilité. Il est toujours difficile de perméabiliser le cinéphile sur ces questions sentimentales, dont la subjectivité tient un rôle important. Ses deux précédents films tiennent ici place de témoins d’un réel savoir faire en la matière et malheureusement parfois d’une certaine répétition des sentiments. |
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Le jeu des acteurs, à savoir celui Bae Yong-Joon et Son Ye-Jin respire d’un parfait professionnalisme et jeu d’interprétation. Malgré ces bonnes intentions, de nombreux éléments viennent assombrir ce ciel d’avril. En effet Son Ye-Jin paraît très jeune face à sa doublure masculine beaucoup plus âgée. Elle paraît comme une femme enfant même si cette caractéristique s’estompe au fils des ans et des longs métrages. Ainsi malgré sa performance d’actrice, son physique superbe et juvénile penche ainsi dans le mauvais côté de la balance notamment lorsqu’on peut voir, dans la deuxième moitié du long métrage le visage de son mari alors bien plus âgé, presque la quarantain. |
Hormis ce défaut d’apparence il subsiste encore des bribes scénaristiques malmenées par le réalisateur. Même si cela fait partie intégrante de la culture coréenne, les deux conjoints trompés se retrouvent dans un hôtel différent de celui proche de l’hôpital pour se décharger de leurs turpitudes sentimentales. En bref, il faut presque prendre rendez vous pour tomber amoureux et passer à l’acte sexuel. Les sentiments deviennent alors un système organisationnel perdant de ce qui font leurs forces : l’imprévisibilité.
Enfin, Hur Jin-Ho rate totalement sa sortie avec une scénette improbable ou plutôt inutile au cheminent de son long métrage. Il aurait dû s’arrêter bien plus tôt sur une image plus poétique en lien avec le titre de son film, au lieu de donner par surabondance de trop nombreuses clés de compréhension.
Ainsi à force de guider le cinéphile sur le chemin à suivre, la neige d’avril peut paraître bien fragile. |
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