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AVALON
: 2001
Genre : Science Fiction
Note : 7 / 10
On n'avait pas attendu la sortie d'Avalon pour mesurer le talent
immense du réalisateur japonais Mamoru Oshii. Déjà
il y a sept ans, Ghost
in the Shell avait marqué, par l'assurance
du traitement du manga japonais sur grand écran, une
génération entière de spectateurs fondus
de cinéma et de culture nipponne.
Mais le dernier film de Mamoru, aux portes d'un monde ou l'écart
entre fiction et réalité est aussi fin que les
matrices numériques qui peuplent Avalon, finit de nous
convaincre de l'existence d'un auteur brillant, hanté
par la métaphore du cinéma où l'écran
n'est que la frêle barrière qui nous sépare
du monde, l'important étant de savoir de quel côté
on se trouve. |
| Avalon
est le nom d'une île légendaire, paradis céleste
(terrestre ?), lieu de délices destiné aux héros
vainqueurs d'un jeu informatique du même nom, réservé
à une élite dont Ash, l'héroïne principale
du film pourrait faire partie. Dans un monde post-futuriste
ravagé par le paupérisme qui pourrait être
la Pologne ou tout autre pays de l'ancien bloc communiste, Avalon
programmé par un groupe de visonnaires appelé
les Neuf Surs, localisé dans une ancienne prison
lugubre, est un bon moyen pour quelques aguerris de se faire
de l'argent en remplissant des missions qui doivent les faire
progresser de classe en classe. |
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C'est
un jeu de guerre (un wargame comme il en existe grandeur nature
au Japon), évidemment stratégique et impitoyable
; de là à se poser la question de quelle guerre,
on pourrait dire toutes, tant l'esprit humain s'acharne à
vouloir s'approprier le pouvoir par la force (on le constate
encore trop actuellement). |
Pouvoir
de vivre ?
Vivre une vie qui vaille la peine d'être vécue
? L'enjeu même tendrait à le prouver : le bonheur,
s'il existe ne peut être le fruit que d'une lutte irréductible,
sans appel et sans répit. Au point que les moments de
répit d'entre-jeu sont déclinés comme des
clips, images récurrentes, séquences répétitives,
la routine du quotidien n'est pas la vie, elle transparaît
comme si les protagonistes du film étaient prisonniers
d'un carcan dont ils avaient conscience et que la réalité,
la vraie, se trouvait au dehors, du côté d'Avalon,
cette île lointaine, repos des héros.
Ce qui, dans des sociétés dites traditionnelles
est utopie prend corps dans Avalon pour constituer une réalité
moins virtuelle, formalisée par la couleur, plus proche
à mesure que l'on progresse dans les strates apparemment
infinies du jeu et qui s'éloigne sans cesse. |

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De
ruines DC66 en citadelle inexpugnable, les joueurs avancent
donc dans les méandres d'Avalon et accumulent des points.
Mais seuls quelques initiés dont l'ancienne équipe
" les Wizards " faisait partie pourront accéder
au stade ultime du jeu, s'il existe. Ash, l'actrice Malgorzata
Foremniak, en fait partie. L'équipe invincible qu'elle
formait entre autres avec Stunner et Murphy était destinée
à conquérir Avalon avant que Murphy ne se perde
à un niveau avancé du jeu d'où il ne peut
revenir, ceci faisant de lui un Unreturned, un Non-revenu, le
plongeant dans un coma permanent. |
| Ce
scénario subtil, ces ressorts dramatiques dont Matrix
faisait sa clé de voûte et Existenz abusait allègrement
sont ici traités avec équilibre et finesse n'oubliant
pas d'illustrer au passage les traumatismes des guerres passées
et l'état des infrastructures dans les anciens pays de
l'Est. Les symboles sont nombreux dans ce film et chercher à
les commenter tous serait nier l'infinie richesse du scénario
(Kazunori Itar) qui fait se croiser des mythologies ancestrales
venues des quatre coins du monde, qui concoure à montrer
que les valeurs et les leçons qu'elles transmettent restent
universelles. |
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Des
épisodes de la Bible mêlés aux légendes
scandinaves, inspirés de la culture celte ouvrent sur
une vision eurasienne des choses et des événements
qui n'est pas sans rappeler les trois précédentes
uvres de Mamoru Oshii ou les fameux Princesse Mononoke
et le Voyage
de Chihiro de Miyazaki. Un creuset de cultures
qui confère à Avalon le statut de film symbole
comme pouvait l'être Métropolis ou M. le Maudit
en leur temps. |
| Le
mieux pour raconter une histoire, c'est de créer un monde.
Tout en s'inspirant de décors existants (Warsaw, Wraclow),
le réalisateur, par le choix d'une photographie sépia
et d'une bande son grandiose, a créé son univers
fictif ; l'univers d'Avalon dans lequel, malgré tout,
les traits de caractère des personnages restent profondément
marqués par l'individualisme et où, finalement,
la seule humanité qui résiste encore demeure l'apanage
de la relation entre Ash et son chien. |
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Les
cadrages d'une quasi-perfection veulent rompre avec le rythme
supposé trépidant du jeu et ralentis, lents travellings
couplés à des effets numériques bien distillés
constituent l'aura du film, sa suprême personnalité
qui le place au-dessus de tout ce qui a pu se faire en la matière
jusqu'à présent.
Avalon pourrait aussi se résumer en sa bande son magique,
envoûtante, une partition composée par Kenji Kawaii
qui mélange orchestre symphonique, churs et soliste
soprane et qui conte l'histoire d'Avalon, encore une fois comme
on chantait les légendes millénaires dans les
sociétés traditionnelles et que l'on transmettait
les passions, les forces et les destins de générations
en générations. |
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la
Dragunove avec tous ses accessoires
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Comme
tous les héros, Ash est pétrie de contradictions.
Elle ne cherche pas Avalon et comme le lui rappelle Stunner,
" la pitié n'est pas l'amour ". C'est pourquoi,
elle cherchera à rejoindre la classe Spéciale
A pour ramener Murphy dans un monde plus hypothétique
qu'Avalon.
Mais ses désillusions l'emmèneront là où
les apparences n'existent plus, où la vérité
apparaît à l'état brut, privée de
toute dimension et laisse un goût doux et amer à
la fois. Comme pour justifier le monde que les non-éveillés
observent devant leurs yeux, le monde dont Mamoru Oshii a voulu
nous libérer |
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