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GENRE : Drame
NOTE : 9/10
RESUME :
L'existence de Xiao Wu tourne autour de l'école, d'un appartement vide et du vague réconfort procuré par ses repas de nouilles instantanées. Un jour, cette routine est perturbée par l'arrivée d'un nouveau locataire, en proie à un chagrin d'amour. Pourtant, leurs chemins ne font que se croiser de temps à autre. Manquant cruellement de chaleur humaine, Xiao Wu tente par tous les moyens de créer un contact à travers les murs, réels et imaginaires, à cette heure spécifique entre la nuit et le jour. …
Le cinéma asiatique en DVD sur Asia-Diffusion
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Il était un père…
Le premier long-métrage, 15, aurait finalement causé beaucoup de tort au jeune réalisateur singapourien Royston Tan. Fameux dans son pays natal pour la richesse et la diversité de ses courts-métrages projetés à guichets fermés dans les (rares) salles d'art et essai singapouriens, l'attention mondiale n'aura retenu que les sauvageons 400 coups de ses jeunes interprètes (amateurs) nihilistes du premier long-métrage. Un passage obligé pour le réalisateur, afin de tourner une page de son propre passé. |
A détailler ses nombreux courts-métrages, il se dégage pourtant une constante dans son œuvre: celle d'une réelle affection et sensibilité pour tous ses personnages. Et une volonté d'exprimer tout l'amour que le réalisateur porte pour le genre humain. Ses courts Sons et Mother sont ainsi de rares déclarations d'amour aux parents, témoignages aptes à briser le moindre cœur de pierre. Monkey Love dépeint avec beaucoup de sensibilité la solitude de l'être humain par son absurde histoire d'un homme lapin se libérant de sa cage pour se perdre dans les larges paysages enneigés des vallons japonais d'Hokaido.
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| 04:30 constitue donc une œuvre sommet bien plus convaincante que le gratuitement provocant 15. Quant à la facile comparaison avec l'éthéré univers de Be with me de son compatriote (et producteur) Erik Khoo est pleinement justifiée par l'explication des deux hommes imaginant leurs histoires respectives au cours d'un voyage en avion en commun. Ils ont délibérément cherché à créer des œuvres parfaitement symétriques et ils avaient même prévus de les sortir en salles au cours d'une même semaine pour former un ensemble homogène; projet qui a avorté pour cause d'un retard de financement du côté de TAN. |
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04:30 est un monde fait de silence. Vue à travers l'histoire d'un garçon d'une petite dizaine d'années, l'histoire s'attache à raconter sa curieuse cohabitation avec un père étranger. La mère absente pour une raison qui ne sera jamais élucidée, ces deux hommes partagent un même lieu clos. Incapables de communiquer (thème récurrent dans l'œuvre de TAN), leur vie commune n'est faite que de futiles croisements. Leur seul rendez-vous se trouve être à 04:30 du matin, heure à laquelle le père s'effondre ivre mort et permet à son fils de l'observer. De ses escapades nocturnes, l'enfant retient de petits détails: un bout d'ongle ou un cheveu tombé, qu'il enferme précieusement dans son journal intime.
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| L'entier métrage est donc constitué de détails apparemment anodins, mais qui prennent toute leur importance pourvu qu'on veuille bien se prendre le temps de les vivre. TAN dit aimer passer des heures à regarder un paysage pour s'imprégner du lieu dans son ensemble. Il réussit de manière magnifique à condenser ces moments particuliers au sein d'un long-métrage jamais ennuyeux.
Au contraire: à la gravité du sujet d'un garçonnet abandonné par ses parents s'opposent des nombreuses scènes plus légères –des 400 coups que l'enfant invente pour s'amuser lui-même. TAN réussit ainsi à faire du spectateur une sorte de voyeur, guettant non seulement les instants volés entre le fils et son père, mais également ceux du garçon dans sa solitude. |
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L'œuvre de TAN est une nouvelle fois riche en lectures. Lui-même a été un enfant perturbé, ayant du mal à s'intégrer au quotidien. Ses parents étaient souvent absents, occupés à gagner de l'argent après que le père ait dilapidé toute la fortune suite à un mauvais placement. Ce dernier s'en ait toujours voulu, mais son fils a démontré à travers ses nombreux films qu'il lui a tout pardonné.
L'impossibilité de communiquer entre le père et le fils est un problème intergénérationnel actuellement bien présent au sein de la communauté singapourienne. La répressive politique mise en place par un gouvernement castrateur depuis la fin des années '50s aura incité l'enrichissement économique au détriment des valeurs familiales. Les parents ne se sont jamais pris le temps pour leurs rejetons; et les nouvelles générations se refusent à faire de même. Ironie du sort, alors que la communauté singapourienne est connue pour la diversité de ses cultures, le père et son fils sont incapables de partager un même langage. Il suffirait pourtant de quelques gestes simples pour se comprendre l'un et l'autre, comme le suggère la scène muette entre le père et le marchand de glace.
04:30 est un regard plein de tendresse sur les rapports familiaux. Un regard chargé d'émotion et d'amour. Un regard que l'on aimerait endosser plus souvent en pénétrant dans une salle obscure. Un regard étonnamment mûr d'un réalisateur aussi jeune (30 ans), qui promet énormément! Il serait vraiment dommage de ne pas faire un bout de chemin avec lui…
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Happy - Juillet 2006 |
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