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Réalisateur
: Wong Kar Wai
- 2003 - Chine HOng KOng - Genre : Drame
avec Tony
LEUNG Chiu Wai, ZHANG
Zi-Yi, Gong
Li, Takuya Kimura, Chang Chen, Faye Wong et Carina Lau
et avec la participation exceptionnelle de Maggie
CHEUNG Man-Yuk |
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Genre
: Drame
Note : 9/10
Résumé
Il était écrivain.
Il pensait écrire de la science-fiction, mais il écrivait
sur le passé. Dans son roman, un mystérieux train
partait de temps en temps pour 2046. Tous ceux qui allaient
là-bas étaient mus par la même intention
retrouver leurs souvenirs perdus. Certains affirmaient quen
2046 les choses étaient immuables. Personne ne pouvait
en être sûr. En tout cas, nul nen était
jamais revenu. Sauf lui. Il voulait changer. |
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Critique
:
2046, cest un nombre qui évoque une année, cinquante
ans après la cession de Hong Kong à la Chine
mais
cest aussi le nombre qui ne quitte pas lesprit de Chow
Mo-Wan (Tony Leung),
depuis In
the Mood for Love.
Est-ce un nombre lié à son passé qui le hante
? Est-ce un nombre de son présent, alors quil se réfugie
dans des chambres dhôtel bon marché ? Ou est-ce
le nombre qui simpose à lui dans le feuilleton de science
fiction quil écrit pour gagner sa vie ?
18h15. Vingt
minutes avant la séance de 2046, la nouvelle uvre
de Wong
Kar Wai, et déjà des doutes s'installent
: Peut-il faillir pour la première fois ? Le montage
saura t'il redresser les torts du festival cannois ?
18h25. Le désir monte, mais Wong Kar Wai aime
se faire désirer. Quatre interminables années
depuis In The Mood For Love, récompensé
par un prix d'interprétation masculine à Cannes,
affirmant enfin sa reconnaissance internationale.
18h30. La salle se remplit petit à petit, il reste encore
de nombreux sièges vides corroborant le fait que le cinéma
asiatique, même pour ce qui paraît déjà
comme un film culte, n'attire pas encore les foules
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18h35.
Ecran noir. Silence religieux. Projection. Les premiers instants
du film nous laisse réfléchir à ce qu'est
" 2046 ".
Un chiffre emblématique sans aucun doute. Celui d'une
chambre où deux amants se sont autrefois aimés.
2046, c'est aussi une date fatidique. Elle amorce la fin d'un
pacte de cinquante années de non intervention de la Chine
sur Hong Kong après la rétrocession en 1997 de
ce territoire britannique.
Enfin 2046, est un lieu, un train, un souvenir qui ressasse
les amours perdus de Chow Mo Wan (Tony Leung Chui Wai) un écrivain,
ancien journaliste à Singapour qui nous fait vivre l'un
des chapitres les plus tristes de sa vie, après avoir
laisser derrière lui sa plus grande romance. |
On y trouve un homme
mûr, séduisant, expérimenté, sûr
de lui qui année après année a été
rattrapé par ses souvenirs, ses anciennes conquêtes,
toutes des occasions perdues de trouver enfin l'âme sur.
Parmi elles, quatre femmes se partagent sa mémoire et
ses sentiments.
Su Li Zhen (Maggie
Cheung) fut son véritable amour, son unique
regret. Elle se dessine tel un fantôme, un souvenir si
tendre et si douloureux qui hante sa vie jour après jour.
Mais le destin ne lui laisse pas le choix, il faut vivre sans
elle et poursuivre son propre chemin. Une tâche trop difficile.
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C'est en voyageant à
Singapour dans les tripots de jeu qu'il rencontre une superbe
femme. Habillée tout de noir vêtu, sa personnalité
est aussi mystérieuse que le gant porté à
sa main gauche. Chow trouve en elle comme le reflet de sa personnalité,
noire, ravagée par sa mémoire qui le consume.
Après avoir fait les présentations, il apprend
avec stupéfaction qu'elle porte le nom de son ancien
amour : Su Li Zhen (Gong
Li). Il semble à nouveau vivre ce qu'il
a tant essayé de fuir malgré lui. Chow quitte
alors Singapour pour s'installer à Hong Kong dans un
hôtel, chambre 2046. |
| De cette chambre et la 2047, il fait
la connaissance de Bai Ling (Zhang
Ziyi), femme vendeuse de charmes aux hommes de
passages. Jeune, fougueuse et sensuelle, Chow ne résiste
pas à l'appel de ses pulsions et décide ainsi
de se faire plaisir. Mais à ce petit jeu, Bai s'amourache
de l'écrivain alors qu'il ne considère leur relation
que sous un rapport sexuel et conflictuel. Il entretient l'illusion
de tenir à ses sentiments, mais il n'en est rien, et
profite de la situation sans pour autant savoir où cela
le mènera. |
Il approche
alors Wang Jin Wen (Faye Wong) la fille aînée
du patron de l'hôtel. Amoureuse d'un japonais, son père
lui somme formellement de terminer cette relation. Néanmoins
Chow lui permettra de recevoir de ses nouvelles en toute discrétion.
S'attachant l'un à l'autre, Wang l'aide à écrire
son roman énumérant ses anciennes conquêtes
dans un univers fictif se déroulant en 2046. Elle ne
remarque pas qu'un des personnages féminins lui soit
destiné. En effet, l'écrivain semble s'être
éprit d'elle mais il trop tard pour débuter une
nouvelle idylle car grâce à lui, Wang a pu tisser
son amour avec le japonais et ont déjà décider
du mariage en accord avec son père finalement conciliant
Chow peut-il encore trouver l'âme sur ou est il
attaché pour toujours à ses vieux démons
?...
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A la fois mélancolique
et futuriste, 2046 est un ovni, unique, l'un des joyaux cinématographiques
de cette année.
Une pièce d'orfèvre, revenant à ce que
le cinéma d'aujourd'hui avait oublié : la beauté
et la simplicité des sentiments. Pleurer, sourire, tomber
en amour,
des instants magnifiés par Wong Kar
Wai. |
| Dans un espace confiné,
entre les murs d'une chambre, d'un couloir, d'un hôtel
ou d'une ruelle, le cinéaste travaille au plus près
des personnages et de leurs sentiments. Tourné dans la
même configuration qu'In The Mood For Love,
2046 en est superbe visuellement, s'appropriant à nouveau
la récurrence de nombreux lieux et objets, employant
un jeu de lumière détaillé : sombre pour
les scènes avec la Su Li Zhen de Singapour, colorée
avec Bai, high tech avec Wang et monochrome ou brumeuse lors
des rappels à la première Su Li Zhen interprété
par Maggie Cheung. Les petits instants futiles tel l'écriture
du roman, la fumée de cigarette, les ralentis sur des
moments précieux, nous rappellent les mêmes qualités
et procédés de son précédent film. |
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Les relations sentimentales,
ses débuts et ses fins sont la quintessence du cinéma
de Wong Kar Wai. Il sculpte l'amour et la mélancolie
comme peu de cinéastes en sont capables, même si
cette fois 2046 se veut plus sexuel, moins léthargique,
munit d'une narration éclatée.
2046 hypnotise, fascine et se rapproche indissociablement de
" Nos Années Sauvages " et "
In The Mood For Love ".Les preuves en sont
l'utilisation des mêmes noms pour les personnages de Tony
Leung et Maggie Cheung / Gong Li et la réapparition de
Loulou (Carina Lau) dans 2046, un des personnages de
" Nos Années Sauvage ". Ainsi une boucle est
bouclée, mais ce projet de quatre années ne serait
rien sans l'immense talent de Tony Leung dont les avis ne peuvent
être que dithyrambique. |
Il apparaît changé de cet écrivain amoureux et
timide d'In The Mood For Love pour devenir ici un homme sombre,
marqué par le passé. La révélation du
film est acquise à Zhang Ziyi, étonnante par sa densité
de jeu, rarement employée de manière si prolifique.
Il n'en doute qu'avec 2046, Zhang Ziyi a transformé les espoirs
portés en elle en véritable coût d'éclat.
Faye Wong est délicieuse, déterminée et apporte
toutes ses qualités notamment dans la partie fictive du film.
Enfin Gong Li, impériale et froide, charismatique et triste,
tout en retenu forge une première participation réussie
à un film du cinéaste de Hong Kong. Quant à Maggie
Cheung, elle n'apparaît qu'à de rares instants et incarne
parfaitement ce désir fantomatique sortis des limbes sentimentaux
de l'écrivain.
Embaumé par une musique délicate au rythme d'opéra,
latino et classique, 2046 se définit comme le film-résumé
de la carrière de Wong Kar Wai, une magnifique bohème
empreinte d'onirisme, de sentiments palpables, et, comme dans ses
anciennes uvres, empreinte d'une non-fin laissant au spectateur
le plaisir de continuer ce rêve.
20h46. Fin de la projection. Est-ce un hasard ? Non, juste sublime. |
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PAR HINOMURA
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